Les jonquilles de Green Park – Jérôme Attal

Pocket – 190 pages

 

« Si la guerre doit durer une éternité, je voudrais juste pouvoir vivre jusqu’au mois d’avril. Pour voir, une fois encore, les jonquilles de Green Park. Elles se tiennent ensemble, chaque saison. Belles et fières dans le vent puissant et douloureux d’avril. Comme nous autres en ce moment. »

 

 

 

Tommy, 13 ans, vit à Londres avec sa famille en cet hiver 1940. En plein Blitz, la vie continue malgré tout. Il vit avec ses parents et sa soeur un quotidien rythmé par les alertes .

A l’approche de Noël, les bombes tombent de plus en plus nombreuses sur Londres et ses habitants tentent de conserver leurs habitudes .

Pour Tommy, l’espoir ultime est de vivre au moins jusque’ au printemps pour revoir fleurir les jonquilles de Green Park qui illumineront le regard de Mila Jacobson.

 

 

C’est amusant de voir comme souvent je lis des livres aux contextes proches de façon rapproché, sans l’avoir prémédité. Juste après La Voleuse de Livres, j’ai entamé ce petit roman qui se passe à la même période, mais en Angleterre cette fois ci. Force est de constater que dans les yeux des enfants, que vous soyez d’un côté ou d’un autre, votre quotidien est extrêmement similaire quand vous vivez sous les bombes.

 

Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale, au coeur de Londres régulièrement bombardée par les Allemands. Et c’est à travers les yeux de Tommy, 13 ans, que nous découvrons cette histoire. Dans la famille Bradford, on ne se laisse pas abattre. Noël approche et il est hors de question de ne pas le fêter. Maman file tous les jours à l’autre bout de la ville pour travailler à l’usine de fabrication d’ampoules électriques. Papa est une sorte d’inventeur/chercheur un peu loufoque. Il peut s’enfermer une semaine dans la cuisine (et donc en bloquer l’accès) afin de retrouver la recette de la mousse au chocolat de son enfance. Son dernier projet est un tatou/tank géant qui permettrait de protéger tous les enfants de Londres des bombes… Audacieux , mais personne ne le prend au sérieux.

Tommy a une grande soeur, Jenny. Elle plaît beaucoup à ses copains et aux garçons en général, qui viennent régulièrement lui rendre visite . Mais elle n’a d’yeux que pour … Clark Gable. Et la rumeur persistante qu’il se ferait soigner à St Thomas’ Hospital n’est pas étranger à sa soudaine vocation d’aide soignante.

 

J’ai vraiment beaucoup aimé ce petit roman, car c’est à travers les yeux d’un enfant que le Blitz nous est raconté. Oui les bombes tombent régulièrement sur la ville, emportant parfois des connaissances, mais la vie continue et Tommy du haut de ses 13 ans garde son âme d’enfant. Il joue et rigole avec ses copains comme tous les enfants de son âge. Il dévore les Comics et pense que Churchill les sauvera tel un super-héros de ses albums.

Avec lui on va dans les abris, on court dans Hyde Park, on se défie entre copains, on tente de fuir les vilains garnements cherchant des ennuis, on ne reste pas indifférent à la jolie Mila et on rêve d’être toujours en vie au printemps pour voir fleurir à nouveau les jonquilles de Green Park….

 

Un roman très touchant et tendre ; on a souvent le sourire aux lèvres, parfois les larmes ne sont pas loin mais on passe un très bon moment.  Je le recommande à tous, particulièrement aux adolescents qui devraient apprécier ce point de vue.

 

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La voleuse de livres – Markus Zusak

Pocket – 632 pages

 

La première fois que la Mort rencontre Liesel Meminger, c’est lorsqu’elle vient emporter l’âme de son petit frère qui n’a pas survécu à une vilaine toux alors qu’ils se rendaient dans une famille d’accueil près de Munich, leur mère cherchant à les protéger,  nous apprendrons plus tard pourquoi. C’est également à ce moment qu’elle lui donnera le surnom de « La voleuse de livres », quand elle la surprend à dérober le livre du fossoyeur. Elle croisera encore deux fois son chemin, sans la prendre.

Liesel s’installe chez Hans et Rosa Hubermann….non sans difficultés d’adaptation. Ses nuits sont rythmées par un affreux cauchemar où elle voit encore et encore mourir son petit frère.

Nous sommes aux débuts de la deuxième Guerre Mondiale, et Liesel découvre les côtés sombres de l’Allemagne nazie auprès d’un ami aux cheveux citron qui rêve d’être Jesse Owen, d’un père nourricier accordéoniste porteur d’une promesse, d’un juif caché au sous sol, et d’une femme au coeur brisé.

 

 

 

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’avoue que je l’avais depuis très longtemps dans ma bibliothèque et que tout le monde m’en disait énormément de bien. Justement… je me méfie toujours.

Le parti pris de choisir la Mort comme narratrice est plutôt étonnant. Mais nous découvrons ici une Mort très éloignée de ce dont nous avons l’habitude dans notre imaginaire. Pas de faux, pas de manteau noir, pas de squelette en guise de corps… cette Mort est plutôt bienveillante, prenant les âmes dans ses bras pour les aider à passer de l’autre côté en douceur. Une Mort qui en a assez de ces guerres, de ces massacres….

Etonnement elle nous dévoile dans les premières pages ce qu’il va se passer et qui elle va venir chercher…c’est un peu particulier.

Nous sommes aux côtés d’allemands qui n’ont pas choisi le nazisme, des gens ordinaires, des familles ordinaires, des résistants aussi à leur manière. On voit bien ainsi que le peuple allemand a pour beaucoup subit la situation et s’il n’a rien dit ou rien fait, c’est tout simplement qu’il n’en avait pas la possibilité, les conséquences sur lui, sur les familles auraient été trop graves. Comment les juger ??? Ils sont autant victimes finalement.

Par les yeux de Liesel, nous suivons l’Histoire dans l’histoire : la nuit de Cristal, les jeunesses hitlériennes, les files de prisonniers juifs conduits au camp de Dachau tout proche et tant d’autres choses encore…

 

Les personnages sont forts, extrêmement forts et touchants. Je m’y suis beaucoup attachée  et ils font de ce roman une véritable réussite.

Liesel d’abord, qui ne comprend pas pourquoi elle est là, dont on se moque car elle ne sait pas lire, mais qui s’en donnera les moyens avec l’aide de son père nourricier, Hans qu’elle appelle désormais Papa. Toutes les nuits elle est réveillée par un terrible cauchemar et toutes les nuits Hans vient la réconforter et reste avec elle. Ensemble ils lisent, Liesel apprend….elle n’hésite pas à voler des livres pour cela, d’où le titre du roman . C’est un homme de parole et il n’hésitera pas à prendre le risque de cacher le fils d’un ami juif avec la complicité de sa femme Rosa. Risque d’autant plus important que son fils est lui même un nazi pur et dur, et que la Gestapo veille.

Rosa, sa mère nourricière, est d’apparence très dure avec elle, la frappant, l’insultant. Mais elle a un véritable coeur d’or. Ces deux là vont petit à petit s’apprivoiser et même si Hans reste le préféré de Liesel, un amour sincère les unit.

Il y a également Rudy, le voisin aux cheveux citron, le parfait petit aryen qui rêve d’être Jesse Owens et qui jure d’embrasser un jour Liesel. Il est son compagnon de jeu, son complice de vol, son ami .

Et puis Max, le boxer qui rêve d’affronter Hitler sur un ring, un juif caché au sous-sol qui lui fera le plus beau des cadeaux en lui écrivant un livre, repeignant en blanc des pages de Mein Kampf…

Il y a pour finir la femme du maire, et son impressionnante bibliothèque de livres ayant appartenu à son fils désormais disparu, qui cherche en Liesel un nouveau souffle.

 

Voilà, c’est un roman très intense où les émotions se bousculent, qui fait monter les larmes parfois, qui donne de l’espoir en l’être humain malgré tout. Un roman à la construction originale : courts chapitres, intervention de la Mort régulièrement comme un témoin des événements  … Un roman qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux adolescents et qui permet pour une fois d’être au coeur de l’Allemagne, cette Allemagne qui n’avait rien demandé, surtout pas d’être au coeur d’une guerre et d’un effroyable génocide.

Pour les amateurs, un film en a été tiré .

 

Catégorie Gros mot

https://mutietseslivres.com/2017/10/01/challenge-jeunesse-young-adult-7/

Miss Alabama et ses petits secrets – Fannie Flagg

Pocket - 445 pages

Pocket – 445 pages

 

 

Maggie est une ancienne Miss Alabama, désormais agent immobilier.  A 60 ans elle n’a ni mari ni enfant et aujourd’hui elle a décidé de mettre fin à ses jours, discrètement . Mais c’est sans compter sur Brenda qui tient absolument à ce qu’elle l’accompagne à une représentation de derviches tourneurs. Pour faire plaisir à son amie, elle reporte son projet et décide d’utiliser ces quelques jours pour peaufiner son « départ ». Mais ce petit contretemps ne sera pas le dernier…

 

 

J’avais lu et vu « Beignets de tomates vertes » il y a très longtemps…et j’en gardais un très bon souvenir. J’avoue que c’est la couverture du livre qui m’a arrêtée, et quand j’ai vu que c’était Fannie Flagg je me suis dit que ce serait sympa de la relire.

Et j’ai beaucoup aimé car si on ne retrouve pas la même ambiance que dans le précédent, il s’agit encore une fois d’une histoire de femme. Sa vie, ses choix… auxquels s’ajoutent une petite intrigue autour d’une maison et d’une famille de la ville de Birmingham (USA) où vit désormais Maggie notre héroïne.

Maggie a 60 ans et depuis 5 ans elle pense à se suicider. Aujourd’hui lui apparaît comme étant LE jour ou cela doit se passer. Elle aborde cela avec un très grand calme et prépare donc une lettre d’adieux, expliquant qu’elle s’est occupée de tout concernant sa disparition afin de ne pas causer d’ennuis à ceux qui devront gérer ce « départ ». Mais elle reçoit un appel de son amie Brenda lui demandant de l’accompagner la semaine suivante voir les derviches tourneurs en représentation dans leur ville. Maggie, en bonne amie se dit qu’elle ne peut lui refuser cela, son projet pouvant attendre une semaine. Une semaine qu’elle met à profit pour l’organiser encore plus minutieusement . Mais évidement le sort semble vouloir lui fait repousser l’échéance encore et encore, la mettant dans des situations improbables et souvent loufoques.

J’ai beaucoup apprécié Maggie, dont on découvre la vie au fil des pages. En effet elle nous raconte ses amours, ses amis, son quotidien. Il y a l’agence immobilière pour laquelle elle travaille, jadis tenue par Hazel, personnage hors du commun mais totalement irrésistible malheureusement aujourd’hui disparue. Le reste de l’équipe est d’ailleurs presque plus une famille que de simples collègues. Et puis la petite guerre contre Babs Bingington, leur concurrente directe prête à tout pour leur voler une vente, la pousse dans ses retranchements… Elle veut se suicider, mais ne pas causer d’embarras. Etonnement elle n’est pas dépressive et je dirais presque même plutôt optimiste. Il y a de nombreux flash-backs qui nous apportent beaucoup sur la personnalité de Maggie et ses choix .

Et puis la vente d’une maison emblématique de la ville apporte également un nouvel angle sur le propriétaire et la famille qui la possédait. Un mystère l’entoure apportant une touche de mystère au récit.

Il y a des moments très drôles, d’autres plus nostalgiques, mais j’ai vraiment beaucoup aimé l’ensemble, la vie de Maggie, l’histoire de la maison … J’ai passé un excellent moment avec cette lecture, c’est vraiment le genre d’histoire dans laquelle j’aime me plonger de temps à autres.

 

http://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/

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Un avion sans elle – Michel Bussi

Pocket - 570 pages

Pocket – 570 pages

1980 . Le vol Istanbul – Paris s’écrase sur les flans du Mont Terrible dans le Jura. Seule rescapée, une petite fille de 3 mois. Or deux enfants du même âge étaient à bord : Lyse-Rose et Emilie. Deux familles se disputent l’enfant : la riche et puissante famille Carville et la plus modeste famille Vitral. Après plusieurs mois d’investigations la justice rend son verdict : c’est Emilie qui a survécu et elle est donc confiée aux Vitral. Mais le doute plane toujours. Mathilde de Carville entreprend des démarches auprès d’un détective privé, Crédule Grand-Duc, lui donnant carte blanche pour trouver la vérité quelle qu’elle soit. Le contrat court jusqu’aux 18 ans de la jeune fille. Et c’est à quelques minutes de l’échéance alors que face à tant d’année de recherches infructueuse Grand-Duc commence à mettre en scène son suicide, qu’il découvre la vérité, sous ses yeux depuis le début …

Depuis le temps que j’entends parler des romans de Michel Bussi, il fallait que je le découvre par moi même. Un avion sans elle faisait partie des dernières acquisitions de la médiathèque, j’en ai donc profité. Bien évidemment, vous me connaissez, je me méfie toujours des livres qui ont eu du succès. Mais j’avais évité de lire des avis avant de le prendre et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Et bien je l’ai dévoré et adoré !!

Quel dilemme pour les familles et pour la justice. Malgré toutes les recherches possibles, le doute plane toujours. L’enfant a été retrouvée en dehors de l’avion, aucun signe distinctif … Un nourrisson qu’on a vu sur une photo peu représentative, des aînés un peu trop jeunes et trop manipulés pour être vraiment fiables… A l’époque on ne savait pas encore comparer les ADN, on ne canardait pas les nouveaux nés avec son appareil photo numérique ou son smartphone….

Lorsque la petite libellule est confiée aux Vitral, Mathilde de Carville demande à un détective privé d’enquêter. Il a jusqu’aux 18 ans de l’enfant. Carte blanche, tous frais payés. Grand-Duc se prend au jeu et passera sa vie à essayer de trouver la vérité. Vérité qu’il découvre la veille des 18 ans de la jeune fille, sous ses yeux, tellement évidente aujourd’hui. Toute son enquête a été consignée dans un carnet qu’il confit à Emilie puis cette dernière passe le carnet à son frère Marc, lui imposant de le lire, et de ne pas l’appeler, sous aucun prétexte …

Marc a des sentiments ambigus pour sa soeur et lui aussi veut connaître la vérité… Et c’est avec lui qu’on découvre le contenu de l’enquête. Les chapitres se succèdent entre le récit de Grand Duc et aujourd’hui. On découvre les différents protagonistes, comme ils étaient à l’époque du drame, comment ils ont évolués après ça…  La mort de Grand-Duc (il ne s’est pourtant pas suicidé finalement, nous le savons) implique quelque chose de plus grave….qui ? pourquoi ? pourquoi maintenant ?

J’ai trouvé que c’était un thriller très bien mené. Il s’agit à la fois d’une enquête sur l’origine de l’enfant mais également sur ce que ce genre d’événement a pu entraîner comme dommages collatéraux. Lors du jugement, la preuve s’est faite sur une intime conviction, mais le doute plane, la famille « lésée » ne peut que se dire : ma petite fille est élevée par d’autres… C’est terrible d’y penser pour nous qui avons la possibilité de connaître ce genre de réponse très vite. Comment faire le deuil tant que le doute subsiste….comment se construire ? Et puis il y a l’enquête menée par Grand Duc bien sur, mais également toutes ces choses qu’il ne sait pas et que nous découvrons petit à petit…

Par contre, à l’occasion j’aimerais vraiment poser une question à Michel Bussi, question que je ne peux pas écrire ici car vous risqueriez de comprendre trop vite comme moi. Est ce pour challenger un peu les lecteurs ? Est-ce par maladresse (hum, là je n’y crois pas une seconde !!! ) Non, mais non, mais pourquoi ???

Bon je vous rassure ça n’a pas gâché ma lecture car l’auteur tend des pistes différentes, c’est bien ficelé,  il y a des rebondissements jusqu’au bout et je me suis quand même posé beaucoup de questions. Mais j’aurais aimé me prendre la fin dans la figure !!!! Il rate le coup de coeur pou quelques petits mots…

Catégorie Pronom Personnel Sujet - Ligne 2

Catégorie Pronom Personnel Sujet – Ligne 2

http://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/

http://www.canelkiwi.com/archives/2014/11/09/30795612.html

Glacé de Bernard Minier

 

J’avais entendu parler de ce livre depuis quelques temps et il me faisait assez envie, donc je l’ai pris au club de lecture la dernière fois.

Pocket – 725 pages

Par une journée particulièrement froide du mois de décembre, quelques ouvriers se rendant à la centrale hydroélectrique pyrénéenne de Saint-Martin-de-Comminges font une macabre découverte en haut du téléphérique : un cheval décapité et à moitié écorché a été suspendu à la passerelle. 

L’enquête est confiée au commandant Servaz. Celui ci étant déjà sur une autre affaire, il voit d’un mauvais oeil qu’on lui demande d’enquêter sur la mort d’un cheval. Mais l’importance de son propriétaire, puis la découverte d’une empreinte qui ne devrait pas être là, qui ne peut pas être là, vont donner un angle très particulier à cette enquête. Avec son équipe, il va tenter de comprendre le rapport entre cette empreinte, la mort du cheval, de nouvelles victimes et des rumeurs surgissant du passé.

Au même moment, Diane Berg, jeune psychologue suisse, vient prendre son poste à l’Institut Wargnier. Il s’agit d’un hôpital psychiatrique unique en son genre qui accueille tous les psychopathes d’Europe pour lesquels aucun autre système d’incarcération n’est possible. Très mal accueillie par le remplaçant de l’homme qui l’a engagé, sous estimée et visiblement « encombrante », elle tente malgré tout de faire son travail le mieux possible. Mais des choses bizarres se passent entres ces murs et autour de l’ancienne colonie de vacances qui se trouve un peu plus loin.

J’ai lu ce gros pavé assez rapidement car j’ai vraiment bien accroché à l’histoire. Comme le titre le laisse entendre, toute l’intrigue se passe dans une atmosphère glaciale. On est en montagne, l’hiver, donc il fait très froid et la nuit tombe tôt. Voilà pour l’ambiance. Ajoutez à cela un institut psychiatrique où sont enfermé des fous dangereux, une ancienne colonie de vacances abandonnée, une vieille histoire de « suicidés » qui refait surface et dont personne ne veut parler …l’intrigue tient bien la route malgré mon impression persistante de déjà vu (un peu Les Rivières Pourpres, un peu Le Silence des Agneaux..). Ça m’a un peu gêné mais pas au point de gâcher ma lecture.

Concernant les personnages, j’ai plutôt bien aimé le commandant Servaz et son équipe, même si parfois quelques situations m’ont semblées un peu tirées par les cheveux. J’ai trouvé assez dommage que l’auteur n’exploite pas plus le personnage de la psy. Finalement on se demanderait presque ce qu’elle fait là, si ce n’est pour créer une alternance dans le récit.

Par contre ce que j’ai vraiment apprécié, c’est la façon dont Bernard Minier termine le livre. Ici au moins, l’auteur ne nous balance pas en 3 pages  une chute qui nous laisse sur notre faim. Non, il prend le temps de nous y amener, de nous expliquer en plus d’une centaine de pages. Et ça m’a plu car j’ai trouvé ça plutôt bien fait ; malgré plus de 700 pages, je ne me suis jamais ennuyée.

Le Magicien – Jean Marc Souvira

J’avais achete ce livre il y a quelques temps et deux elements  l’ont fait sortir de ma PAL : mon inscription au challenge Petit Bac d’Enna (categorie metier) et  la sortie du nouveau livre de J.M Souvira (« Le vent t’emportera ») a peu pres au meme moment.

Pocket - 477 pages

 « Arnaud Lécuyer est un magicien un peu particulier, personne ne se méfie de lui… Récemment libéré de prison, il reprend le cours de sa vie : observer, attirer, tuer. Pour ses victimes, il reste Le Magicien. Son public préféré: les enfants. Un homme se méfie de lui, le commissaire Mistral. Formé à dresser le profil psychologique des tueurs en série et à les traquer, il a senti derrière ces récentes disparitions et meurtres de jeunes garçons la signature d’un même homme. Invisible, secret, insaisissable. Un magicien… »


Il y a douze ans, une serie de meurtres non elucides ont eu lieu sur Paris . Un tueur s’attaquait a des enfants d’une dizaine d’annees en utilisant des tours de magie pour les attirer. De nos jours, les meurtres recommencent….et pour cause….

Le roman alterne entre deux narrateurs : notre fameux tueur Arnaud Lecuyer qui sort a peine de prison (pour le meurtre sordide  d’une vieille dame) en y laissant quelques cadavres derriere lui et Ludovic Mistral a qui on propose le poste de chef de la Crim’, Quai des Orfevres. Ce dernier vient d’arriver apres un stage de 6 mois au FBI et evidemment cela cree a la fois de l’admiration et de la jalousie hostile dans l’equipe. Il a une vie equilibree, une femme, deux enfants, une belle maison en banlieue….

Il est interessant de savoir que Jean Marc Souvira est lui meme commissaire . Le bon cote : il sait de quoi il parle, on est presque parfois dans le documentaire. Le mauvais : c’est bien d’utiliser le jargon policier  mais il y a un peu trop d’acronymes a mon gout, je m’y perds.

Je ne vous raconte pas trop l’histoire, mais sachez que j’ai passe un bon moment a la lecture de ce livre. J’ai aime l’alternance des narrateurs, la course contre la montre, la construction de la personnalite des deux hommes (le tueur est vraiment fele: intelligent, methodique…il fait froid dans le dos ). Une chose est sure, je ne regarderai plus jamais un plombier de la meme facon !!

Livre lu dans le cadre du challenge 

Gabrielle – Le gout du bonheur T1 – Marie Laberge

Trilogie pretee par une amie, vivement recommandee par une autre, bon je me lance en me disant trois paves d’une saga familiale quebequoise au debut du xxeme siecle, faut voir.  Apres la lecture de ce premier tome, je suis conquise, merci les copines !

Pocket - 877 pages


Québec, 1930. Gabrielle est mariée avec Edward depuis bientôt dix ans. Entre la maison de l’île d’Orléans et celle de la Grande-Allée, elle mène une vie bien remplie, entourée de ses cinq enfants. De toute évidence, il s’agit d’un mariage heureux. Mais cette chose qui devrait être si simple fait pourtant froncer bien des sourcils dans l’entourage de Gabrielle. Décidément, le bonheur est suspect en cette époque où notre sainte mère l’Église nous dit que nous ne sommes pas sur terre pour être heureux mais pour accomplir notre devoir. L’élégante Gabrielle a bien du mal à se soumettre au code strict de la société bien sage et bien pensante. Et si c’était possible de changer le monde autrement que par la prière ? Dans ce premier volet de la grande trilogie romanesque intitulée  » Le Goût du bonheur « , Marie Laberge brosse une vaste fresque du Québec de l’avant-guerre. Fidèle à sa manière, elle nous fait partager le destin de personnages si vrais qu’ils semblent bondir de la page. Grâce à une écriture qu’on dirait faite pour traduire les mouvements du cœur les plus subtils ou les plus inavouables, elle éclaire de l’intérieur une époque où, sous la gangue des conventions sociales et de la religion, les passions ne brûlaient pas avec moins de force qu’aujourd’hui.

J’ai beaucoup aime cette saga familiale. Je suis litteralement entree dans la famille Miller et j’ai eu l’impression de vivre a leurs cotes durant les 12 annees qui font ce premier tome. J’ai apprecie la diversite des personnages et je me suis attachee a certains au point d’etres touchee par tel ou tel autre evenement de leurs vies. L’histoire se deroule dans les annees 30 dans un Quebec puritain et soucieux des conventions,  ayant pour toile de fond les relations tendues entres anglophones et francophone, le clivage des milieux sociaux, l’emergence du feminisme et la montee du nazisme en Europe.

Gabrielle, heroine de ce premier tome, est une jeune femme moderne et tres attachante. Elle a « choisi » son mari par amour, ce qui etait rare a l’epoque, et est tres proche de ses enfants. Elle est tres active dans la vie sociale et accorde beaucoup d’importance a aider les autres. Mais elle ne s’oublie pas. Sa rencontre avec une sufragette va lui ouvrir les yeux et bousculer ses convictions.  Sa facon de vivre ne plait pas a tout le monde et sa conscience balance entre son desir de faire evoluer le statut de la femme  et sa crainte de ce que pourrait penser l’Eglise de ses pensees et agissements.

Marie Laberge a un veritable talent romanesque  pour decrire les emotions sans alourdir le recit par des descriptions inutiles. Vivement la suite : tome 2  Adelaide, tome 3 : Florent