[Jeunesse] Chasseurs de livres -Jennifer Chambliss Bertman

R Jeunesse – 448 pages

 

 

Emily vient à peine de s’installer à San Francisco avec ses parents et son grand frère, qu’elle découvre par hasard une édition très particulière du Scarabée d’or d’Edgar Allan Poe, derrière une poubelle du métro . Pour cette passionnée du jeu de la « Chasse aux livres », quelle surprise de découvrir que ce dernier pourrait être le point de départ du nouveau défi de son créateur, le fameux éditeur Garrison Griswold, lui même habitant de la ville et qui vient justement d’être agressé . Emily s’amuse alors à tenter de déchiffrer cette nouvelle énigme en avant première avec son voisin James. Mais il semblerait que cet exemplaire attise les convoitises…étonnant pour un jeu qui n’a pas encore été lancé …

 

 

La famille d’Emily déménage souvent, tous les ans en fait. Le but étant de vivre dans chacun des 50 Etats américains . Les parents peuvent travailler de loin et leur blog sur le sujet commence à avoir un joli succès. Jusque là ça n’a jamais été un problème pour Emily. Amoureuse des livres, elle passait son temps à lire et à jouer au fameux jeu en ligne : « la Chasse aux livres ». Il s’agit de cacher des livres en laissant des indices/énigmes aux autres joueurs, et d’essayer d’en trouver par le même système. Le jeu est très populaire et Emily totalement fan de son créateur Garrison Griswold. Ce déménagement a une saveur particulière car San Fransico est justement la ville où il vit. Mais à peu près au moment où la famille arrive, il se fait violemment agresser. Toutes les hypothèses sur son état de santé sont alors évoquées …

Ce même jour, Emily trouve un livre caché derrière une poubelle. Pour elle pas de doute, il s’agit d’un exemplaire du jeu et elle s’empresse de le récupérer en laissant l’habituelle carte des chasseurs. Hors ce livre a été perdu par Griswold lors de son agression, ça Emily ne le sait pas. Mais en habituée des énigmes, elle se rend compte que cet exemplaire n’est pas comme les autres, et c’est avec l’aide de son voisin James qu’elle essaie de renouer l’énigme de ce qui pourrait bien être un nouveau jeu. Elle découvre en même temps les saveurs de l’amitié, que jusque là elle ne connaissait pas vraiment, voir évitait, pour se protéger sans doute.

Elle se lance donc dans la résolution de l’énigme. C’est d’autant plus important pour elle que depuis son agression, plus personne n’a de nouvelle de l’éditeur. Il semblerait que des choses plus graves se trament autour de ce livre. Qui le convoite au point d’envoyer deux gros bras s’attaquer à des enfants ?

 

 

Ce livre est vraiment très sympa et l’énigme bien menée. J’ai beaucoup apprécié le principe car il est relativement réaliste, même si parfois un peu tiré par les cheveux pour mes yeux d’adulte ( mais on s’en fiche je ne suis pas la cible 😉  ). On rencontre des personnages vraiment très attachants, Emily et James bien sur, mais aussi un libraire ou encore un professeur de collège féru de codes secrets. On découvre également San Francisco en suivant les pas de nos héros, et la ville prend une place à part entière dans le récit. Et puis évidement on en apprend sur Edgar Allan Poe ce qui ne gâche rien.

Les amateurs de livres, de chasses aux trésors et autres énigmes devraient se régaler dans ce roman qui fait aussi une large place à l’amitié. J’avoue que je serai bien tentée de lire les prochains tomes lors de leur sortie !

 

 

Catégorie Sport/Loisirs

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[Jeunesse] Le Noëlosaure -Tom Fletcher

 

Dès 9 ans

 

« Oubliez tout ce que vous savez sur le pôle Nord. Coupez-vous une généreuse part de pain d’épices, installez-vous au coin du feu, et préparez-vous à rencontrer :

un garçon nommé William Molleroue ;

son père, M. Bob Molleroue ;

le Père Noël (le vrai !) ;

un elfe du nom de Trompnez ;

Brenda Gassante, la fille la plus méchante de l’école (voire du monde entier) ;

un bien vilain bonhomme qui se fait appeler le Chasseur ;

et le dinosaure le moins ordinaire qui soit… »

 

 

Voici le roman jeunesse parfait pour ce Noël. Je  l’ai refermé avec un sourire aux lèvres, c’est une très jolie histoire, originale et magique.

William est un petit garçon qui n’a pas eu de chance. Il a perdu sa maman et est resté paralysé suite à un accident de voiture. Cependant il a un papa terriblement optimiste, un peu original, mais totalement fan de Noël dont il célèbre l’esprit à sa façon tout au long de l’année. Chaque jour qui l’éloigne de Noël, le rapproche du Noël suivant.

William a une passion : les dinosaures…Il les connaît par coeur, sa chambre est remplie de répliques, posters ou livres sur le sujet. Il peut d’ailleurs assouvir sa passion grâce à son papa qui travaille au musée et lui permet de venir autant qu’il le souhaite regarder les squelettes de ces créatures fascinantes.

Cette fin d’année est un peu difficile pour lui car une nouvelle vient d’arriver dans sa classe : Brenda Gassante. Véritable peste, elle fait de William son souffre douleur, éloignant de lui tous ses amis. C’est donc le moral en berne qu’il fait sa lettre au Père Noël Et que demande t’il ?…un dinosaure…

 

A l’autre bout de la planète, du côté du Pôle Nord, nous découvrons le pays du Père Noël avec ses gourmandises et ses lutins chantants. Quelle n’est pas leur surprise lorsqu’ils découvrent un oeuf bizarroïde…d’où sort juste avant Noël : un dinosaure, un vrai !!!! Aussitôt baptisé Noëlosaure il devient la mascotte du Pôle. Mais lui aussi se sent bien seul malgré toute l’attention que lui portent les lutins.

 

Par un fâcheux (ou peut être bien heureux) concours de circonstances le Noëlausore se retrouve dans le salon de William et débute alors une aventure rocambolesque avec un affreux chasseur aigri qui espère depuis des années accrocher la tête d’un rennes magiques du Père Noël sur son mur comme trophée et qui manque s’évanouir de bonheur lorsqu’il découvre l’existence du Noëlausore. S’en suit une course poursuite détonante qui conduira William au delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

 

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. D’abord le livre en lui même est superbe. Les illustrations de Shane Devries sont absolument magnifiques, la typographie ajoute du corps au récit et l’histoire véhicule des bonnes ondes, tout à fait dans l’esprit de Noël sans être « cucul la praline » . De plus Tom Fletcher réussi à mettre des touches d’humour parfaitement dosées soit dans le récit lui même soit en jouant avec les mots.

Alors évidement il y a une morale, le vilain méchant ne s’en tire pas à si bon compte et la fin est un petit peu prévisible, mais qu’importe : j’avais à nouveau l’âge de mon lutin et la magie m’a emportée. J’étais totalement transportée auprès d’eux au milieu de la neige et je peux vous dire que le challenge est difficile vu qu’il fait encore 25 degrés par ici…

Je l’ai bien évidement immédiatement mis dans les mains de mon P’tit Loup grand fan de dinosaures et il adore ! Alors n’hésitez pas offrez le à vos loulous, mais surtout, prenez le temps de le lire vous aussi…

 

 

 

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La voleuse de livres – Markus Zusak

Pocket – 632 pages

 

La première fois que la Mort rencontre Liesel Meminger, c’est lorsqu’elle vient emporter l’âme de son petit frère qui n’a pas survécu à une vilaine toux alors qu’ils se rendaient dans une famille d’accueil près de Munich, leur mère cherchant à les protéger,  nous apprendrons plus tard pourquoi. C’est également à ce moment qu’elle lui donnera le surnom de « La voleuse de livres », quand elle la surprend à dérober le livre du fossoyeur. Elle croisera encore deux fois son chemin, sans la prendre.

Liesel s’installe chez Hans et Rosa Hubermann….non sans difficultés d’adaptation. Ses nuits sont rythmées par un affreux cauchemar où elle voit encore et encore mourir son petit frère.

Nous sommes aux débuts de la deuxième Guerre Mondiale, et Liesel découvre les côtés sombres de l’Allemagne nazie auprès d’un ami aux cheveux citron qui rêve d’être Jesse Owen, d’un père nourricier accordéoniste porteur d’une promesse, d’un juif caché au sous sol, et d’une femme au coeur brisé.

 

 

 

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’avoue que je l’avais depuis très longtemps dans ma bibliothèque et que tout le monde m’en disait énormément de bien. Justement… je me méfie toujours.

Le parti pris de choisir la Mort comme narratrice est plutôt étonnant. Mais nous découvrons ici une Mort très éloignée de ce dont nous avons l’habitude dans notre imaginaire. Pas de faux, pas de manteau noir, pas de squelette en guise de corps… cette Mort est plutôt bienveillante, prenant les âmes dans ses bras pour les aider à passer de l’autre côté en douceur. Une Mort qui en a assez de ces guerres, de ces massacres….

Etonnement elle nous dévoile dans les premières pages ce qu’il va se passer et qui elle va venir chercher…c’est un peu particulier.

Nous sommes aux côtés d’allemands qui n’ont pas choisi le nazisme, des gens ordinaires, des familles ordinaires, des résistants aussi à leur manière. On voit bien ainsi que le peuple allemand a pour beaucoup subit la situation et s’il n’a rien dit ou rien fait, c’est tout simplement qu’il n’en avait pas la possibilité, les conséquences sur lui, sur les familles auraient été trop graves. Comment les juger ??? Ils sont autant victimes finalement.

Par les yeux de Liesel, nous suivons l’Histoire dans l’histoire : la nuit de Cristal, les jeunesses hitlériennes, les files de prisonniers juifs conduits au camp de Dachau tout proche et tant d’autres choses encore…

 

Les personnages sont forts, extrêmement forts et touchants. Je m’y suis beaucoup attachée  et ils font de ce roman une véritable réussite.

Liesel d’abord, qui ne comprend pas pourquoi elle est là, dont on se moque car elle ne sait pas lire, mais qui s’en donnera les moyens avec l’aide de son père nourricier, Hans qu’elle appelle désormais Papa. Toutes les nuits elle est réveillée par un terrible cauchemar et toutes les nuits Hans vient la réconforter et reste avec elle. Ensemble ils lisent, Liesel apprend….elle n’hésite pas à voler des livres pour cela, d’où le titre du roman . C’est un homme de parole et il n’hésitera pas à prendre le risque de cacher le fils d’un ami juif avec la complicité de sa femme Rosa. Risque d’autant plus important que son fils est lui même un nazi pur et dur, et que la Gestapo veille.

Rosa, sa mère nourricière, est d’apparence très dure avec elle, la frappant, l’insultant. Mais elle a un véritable coeur d’or. Ces deux là vont petit à petit s’apprivoiser et même si Hans reste le préféré de Liesel, un amour sincère les unit.

Il y a également Rudy, le voisin aux cheveux citron, le parfait petit aryen qui rêve d’être Jesse Owens et qui jure d’embrasser un jour Liesel. Il est son compagnon de jeu, son complice de vol, son ami .

Et puis Max, le boxer qui rêve d’affronter Hitler sur un ring, un juif caché au sous-sol qui lui fera le plus beau des cadeaux en lui écrivant un livre, repeignant en blanc des pages de Mein Kampf…

Il y a pour finir la femme du maire, et son impressionnante bibliothèque de livres ayant appartenu à son fils désormais disparu, qui cherche en Liesel un nouveau souffle.

 

Voilà, c’est un roman très intense où les émotions se bousculent, qui fait monter les larmes parfois, qui donne de l’espoir en l’être humain malgré tout. Un roman à la construction originale : courts chapitres, intervention de la Mort régulièrement comme un témoin des événements  … Un roman qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux adolescents et qui permet pour une fois d’être au coeur de l’Allemagne, cette Allemagne qui n’avait rien demandé, surtout pas d’être au coeur d’une guerre et d’un effroyable génocide.

Pour les amateurs, un film en a été tiré .

 

Catégorie Gros mot

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Motel Lorraine – Brigitte Pilote

 

Fuyant le Canada,  Sonia s’installe avec ses deux filles au Motel Lorraine à Memphis en plein festival du coton, dans la seule chambre encore disponible dans la ville : celle qui a vu Martin Luter King se faire assassiner presque une décennie plus tôt et qui reste depuis inoccupée. Vivant de quelques maigres revenus obtenus en disant la bonne aventure, elle reste cloîtrée dans sa chambre, coincé par son corps obèse et un diabète handicapant. Ses filles, très différentes l’une de l’autre, tentent de trouver leur place et rêvent elles aussi d’un nouveau départ.

 

Dans ce petit roman polyphonique, nous croisons une foule de personnages qui on tous un lien plus ou moins serré avec le Motel Lorraine. Clients, femme de chambre, voisins gravitent autour de ce lieu tristement connu dans une région encore marquée par la ségrégation et son passé esclavagiste en cette fin des années 70.

Sonia a fui le Canada, on ne sait trop pourquoi emmenant dans son sillage ses deux filles, Louisiane et Georgia. Obèse et malade, elle gagne trois sous en lisant les cartes depuis sa chambre d’hôtel. Louisiane, par contradiction s’affame et rêve d’indépendance en côtoyant Lonzie, ancien taulard devenu assistant du photographe chargé de trouver la nouvelle « reine » du festival du coton. Peu importe, tant qu’elle peut s’éloigner de sa mère et regarder la télévision. Georgia, la plus jeune, est une enfant joyeuse, qui adore chanter. C’est naturellement vers une chorale qu’elle va se tourner pour occuper ses journées, espérant pouvoir chanter au fameux récital de Brown Chapel Church.

Jacqueline est femme de chambre, depuis toujours. Elle connait parfaitement le Motel Lorraine dont elle est quelque part la mémoire. Elle s’attache aux petites et c’est essentiellement par elle que nous découvrons l’historique de ce lieu.

 

Petit roman donc, construit en cours chapitres faisant alterner les protagonistes et les flashs-back, et nous amenant petit à petit à comprendre l’intrigue. On navigue entre l’époque où le Pasteur King s’est fait tuer et le même lieu 10 ans plus tard. La place du festival du coton et du récital est primordiale dans le récit .

J’ai bien aimé l’histoire, l’Histoire dans l’histoire, ainsi que certains personnages, mais malheureusement je n’ai pas réussi à m’y installer. Je pense que j’en aurais aimé plus. Il y’a beaucoup de personnages qui ont tous une place importante dans le récit car ce sont leurs destins entremêlés qui en font la trame. Même le plus secondaire d’entre eux a son importance et j’ai eu l’impression d’avoir trop d’informations sur trop peu de pages, qu’on passait de l’un à l’autre sans s’y intéresser à fond. De même pour les sujets abordés, tous très intéressants mais finalement pas assez développés à mon goût. J’adore les romans chorale et je pense que celui ci aurait eu matière à le devenir.

Une lecture mitigée dont j’espérais un peu plus ( en quantité) mais dont l’ambiance et les personnages atypiques ont su me conquérir et la fin me surprendre. Parfait si vous aimez ce style, et les romans courts.

 

Le souffle des feuilles et des promesses – Sarah McCoy

 

 

Hallie Erminie Rives est née et a grandi dans la plantation de tabac familiale de Post Oak dans le Kentucky. Jeune femme brillante au fort caractère, elle décide de se lancer dans la littérature et écrit son premier roman. Elle se rend à New York pour trouver une maison d’édition et c’est au monument de renoncer qu’un éditeur emballé lui fait signer un contrat. Elle y rencontre également un jeune journaliste, Post Weeler avec qui le courant passe immédiatement : intelligent, féru de littérature, ce pourrait être le compagnon idéal s’il n’ait pas la mauvaise habitude de disparaître sans crier gare. Vies en chassé croisé de deux jeunes intellectuels du début du 20eme siècle, dans une Amérique qui garde encore quelques stigmates de la Guerre de Sécession.

 

J’avais lu et beaucoup apprécié le précédent roman de Sarah McCoy Un parfum d’encre et de liberté et c’est donc avec un très grand plaisir que je me suis plongée dans ce dernier. Cette fois, pas d’aller-retour entre le passé et l’époque contemporaine mais une biographie romancée de l’auteur Hallie Erminie Rives et du journaliste Post Wheeler. Honnêtement je ne connaissais pas du tout ces deux personnages mais il semblerait qu’ils aient marqué leur époque.

Hallie a grandi dans le Sud des Etats Unis. C’est un personnage au caractère bien affirmé qui se donne les moyens de réussir ce qu’elle entreprend. Soutenue par sa famille, elle se lance dans une carrière d’écrivain et fini par obtenir un certain succès. Sa rencontre avec le journaliste Post Wheeler, avec lequel elle s’entend à merveille mais qui manque quelque peu de stabilité, va a la fois la frustrer profondément mais également l’inspirer pour écrire.  Dans ce roman à deux voix (on alterne entre Hallie et Post) on découvre la vie plutôt romanesque bien que tout à fait réelle de ces deux personnages. Lui s’en va en Alaska, puis devient chercheur d’or avant de revenir à New York et dans le milieu de l’édition. Elle, voyage au gré de son inspiration et de ses recherches, écrivant plusieurs romans à succès dont les sujets firent beaucoup parler.

J’ai plutôt bien aimé ce roman avec lequel j’ai passé un bon moment, mais j’ai préféré le précédent. On reste tout de même dans le roman historique, genre que j’aime beaucoup, mais ici pas d’aller retour entre le présent et le passé comme je le disais plus haut, ni de parallèle entre des héroïnes de maintenant et jadis. On découvre le monde de l’édition de l’époque et comment déjà les médias pouvaient s’immiscer dans la vie privée des auteurs, interprétant à leur guise leurs faits et gestes. On découvre également comment un roman peut parfois échapper à son auteur.

J’ai particulièrement apprécié Hallie Erminie, son courage et sa détermination dans un milieu si masculin et misogyne qui n’est pas des plus simple. Elle se donne les moyens, c’est une femme vraiment très moderne pour son époque.

J’avoue que Post m’a un peu agacé par sa façon de ne jamais dire les choses. Une forme de pudeur sans doute mais quand on est face à un tempérament tel que celui d’Hallie, il ne faut pas hésiter à se botter un peu les fesses.

Sinon, encore une fois Sarah McCoy fait la part belle aux femmes. Que se soit son héroïne ou celles qu’elle côtoie. Certaines sont très modernes pour leur époque elles aussi. J’ai d’ailleurs particulièrement aimé Cora Potter ainsi que la mère de Post.

 

Voila, donc un roman qui se lit facilement, parfait si vous aimez les histoires qui s’inscrivent dans une époque, une biographie romancée parfaite pour l’été, sortie en avant première en France.

[Jeunesse/YA] Emmy & Oliver – Robin Benway

Nathan – 448 pages

 

 

Emmy et Oliver sont amis depuis toujours, inséparables depuis leur naissance, le 7 juillet 2007. Avec Caro et Drew ils formaient un groupe unis jusqu’au terrible jour où Oliver est enlevé par son père. Pour sa mère, pour Emmy, mais également pour tout le voisinage, c’est un véritable cataclysme dont personne ne sortira indemne.

10 ans plus tard, Oliver est retrouvé et rentre chez sa mère ..mais rien de peut redevenir comme avant, pour personne , évidemment….

 

 

Difficile d’imaginer cette situation : votre meilleur ami a été enlevé par son propre père, ce père que vous connaissiez bien, qui était un ami de la famille. Comment comprendre les histoires de séparations d’adultes quand on a que 7 ans ? Ce que l’on comprend surtout c’est qu’on ne reverra probablement plus jamais son meilleur ami et que la vie va devenir un peu plus compliquée.

Ce roman parle de disparition, de kidnapping d’un enfant par l’un des parents après une séparation difficile. On y découvre les point de vues de chaque protagoniste : Oliver bien sur, ses parents, mai aussi les voisins et ses amis car cette histoire touche forcement tout l’entourage.

Après la disparition d’Oliver, Maureen sa mère a refusé de déménager, espérant qu’il pourrait revenir, qu’elle devait être là pour son retour car c’est ici qu’il la chercherait. Maureen, Emmy l’a vu pleurer toutes les larmes de son corps dans les bras de ses parents, elle l’a vu affronter cette terrible dépression et cette angoisse permanente. Elle a vu comment cette situation avait d’elle même rendu ses parents craintifs et surprotecteurs…On peut le comprendre et en grandissant Emmy le comprend elle aussi. Mais une adolescente a besoin d’un peu plus de liberté. Elle se débrouille comme elle peut pour parvenir à faire ce qu’elle aime sans que ses parents le sachent. Pas pour les ennuyer mais simplement pour qu’ils ne s’inquiètent pas plus qu’il ne faudrait. Sa passion n’est pas sans danger.

Et puis un beau jour Oliver revient…mais peuvent-ils reprendre leur amitié là où ils l’avaient laissée ? Emmy, Caro et Drew ont grandi avec le manque de leur ami, mais ils ont également évolué depuis 10 ans. Caro est la petite dernière de la famille, totalement livrée à elle même, à l’opposé d’Emmy. Drew a fait son coming-out et vit sa première histoire.

Pour Oliver, le retour est aussi difficile que le départ. Il s’en veut terriblement et a du mal à retrouver sa place. Heureusement avec l’aide d’Emmy il va réussir peu à peu remettre les choses à plat, non sans douleur, rien ne pourra effacer ces dernières années.

C’est un roman qui m’a beaucoup touché malgré une ou deux incohérences et qui devrait beaucoup plaire. Je trouve que l’auteur a su particulièrement décrire le ressenti de chacun. Les personnages, adultes, ados,  sont tous touchants chacun à leur manière. J’ai pu me mettre dans leur peau et les comprendre autour d’un sujet délicat que je n’ai pas l’habitude de croiser. J’ai passé un excellent moment en leur compagnie et je les ai quittés avec un petit pincement, leur souhaitant à tous le meilleur pour la suite.

Les filles de l’été – Mary Alice Monroe

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Alors que Marietta Muir s’apprête à fêter ses 80 ans, elle fait le triste constat que ses petites filles autrefois si soudées et heureuses de se retrouver l’été autour d’elle dans la maison familiale de Sea Breeze en Caroline du Nord, n’ont plus grand chose en commun et ne viennent presque plus la voir. Elle fait le pari fou de les réunir une dernière fois cet été toutes les trois, pendant 3 mois. Carson, Dora et Harper acceptent de passer quelques jours auprès de leur Mamaw pour son anniversaire, quelques jours qui changeront peut être tout…

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Une grand-mère, trois soeurs, une maison de famille, des souvenirs, une invitation sous forme d’ultimatum à venir passer l’été à Sea Breeze… voilà pour l’essentiel.

Carson, Dora et Harper ont deux choses en commun : leur père Parker et leur grand-mère Mamaw. Et c’est tout. Nées de trois mères différentes, elles sont complètement à l’opposé les unes des autres. Pour résumer, Parker était un artiste qui se disait écrivain, mais n’en avait pas le talent même s’il cachait bien son jeu. Il était surtout un alcoolique invétéré. Très complices petites, Mamaw se désespère de les voir aujourd’hui si éloignées et tente le tout pour le tout afin les réunir.

Dora est l’aînée. Elle qui semblait avoir réussi sa vie de famille est en plein divorce. Son ex lui reprochant de s’occuper exclusivement de leur fils Nate, autiste, au détriment de leur vie de couple. Vivant en Caroline du Sud, soit assez près finalement, elle est celle qui vient le plus régulièrement. Ayant besoin d’un break, elle décide de se rendre à Sea Breeze pour une semaine, avec Nate évidement.

Carson vit à Los Angeles où elle travaille sur une série télé. Cette dernière est arrêtée sans préavis, et Carson se retrouve donc sans travail et à cours d’argent. Elle prend l’invitation de Mamaw comme une aubaine, lâche son appartement, met toutes ses affaires dans sa voiture et traverse le pays, espérant recevoir une offre de travail rapidement. En attendant elle accepte un poste de serveuse à Sea Breeze .

Le roman est centré sur elle. On découvre ses blessures profondes et la terrible tragédie qui a emporté sa mère. A peine débarquée sur la côte Est elle est sauvé d’un requin par un dauphin lors d’une séance de surf. Elle développe alors une relation très particulière avec ce dernier malgré les mises en garde d’un charmant océanographe .

Enfin, Harper est la petite dernière. Elle accepte de venir juste pour un week-end, trop de travail… Elle est l’assistante personnelle de sa mère, une femme froide et insensible qui déteste la famille de son ex-mari et n’est pas sans rappeler Miranda dans le « Diable s’habille en Prada ».

Ces quelques jours feront office de thérapie pour les filles :  l’air de la mer ? L’amour familial ? Le lien de sang qui malgré tout les unie ? Elles portent toutes les trois un lourd héritage, pas très glorieux, mais Mamaw qui se sent responsable de l’échec de l’éducation de son fils , et de ses petites filles par extension, veut essayer d’arranger les choses car elle connaît la part de positif dans chacune d’elles et elle les aime plus que tout.

Enfin les langues se délient, enfin les rencœurs sont mises à jour, enfin les filles se parlent….enfin elles ont une chance de se comprendre après tant d’années de quiproquos et de non-dits, y arriveront-elles ?

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J’ai vraiment aimé cette histoire. Un vrai roman feel-good où on s’attache aux personnages qu’on aimerait connaître. Il se lit tout seul, et on voudrait qu’il ne s’arrête jamais. Alors évidemment il y a quelques petits éléments prévisibles, mais aussi quelques surprises. En tout cas j’ai passé un très bon moment, et c’est ce que j’en attendais. Je crois qu’il existe d’autres tomes en V.O plus centrés sur les autres soeurs que je lirais bien volontiers.

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