Papillon de Nuit – R.J.Ellory

 

1982, Daniel attend son exécution dans le couloir de la mort. Son crime : avoir tué son ami Nathan  20 ans plus tôt. Alors que le jour de l’exécution approche, un prêtre vient lui rendre visite et lui propose de recueillir sa dernière confession. Daniel se lance alors dans l’histoire de sa vie, son adolescence en Caroline du Sud, son amitié indéfectible pour Nathan un jeune homme noir dans un Etat assez raciste en pleine ségrégation, leur fuite pour échapper à la conscription alors que la guerre du Vietnam fait rage, l’évolution des deux jeunes hommes dans cette Amérique trouble des sixties.

Petit à petit la trame du drame se met en place mais tout n’est pas aussi simple qu’il n’y parait…

 

 

Ellory est un auteur de j’aime beaucoup et je lis ses livres au compte-gouttes pour faire durer le plaisir. Cet été j’ai eu le plaisir de découvrir son premier opus sorti dans la toute nouvelle collection Sonatine +. Un format semi-poche que j’aime énormément : taille impeccable et grande souplesse de l’objet pour une bonne prise en main de ce petit pavé.

 

Dans ce roman nous retrouvons Daniel Ford alors qu’il passe ses derniers moments dans le couloir de la mort. Il s’y trouve déjà depuis plusieurs années pour le meurtre de son ami Nathan. Il raconte une dernière fois sa vie à John Rousseau, un prêtre venu recueillir ses dernières confessions. Par un système de flashbacks très bien réussis, Ellory nous emmène dans les années 60 puis revient en 1982 avec un talent qu’il maîtrise parfaitement.

Daniel, petit garçon blanc et Nathan, petit garçon noir, ont forgé leur amitié autour d’un sandwich au jambon quand ils avaient 6 ans. Ils ont ensuite grandi ensemble dans la petite ville du sud des Etats-Unis. Adolescents sont confrontés à la montée du racisme, la ségrégation, le Ku Klux Klan et surtout la peur de recevoir la lettre maudite qui les enverrait au Vietnam.

On découvre un Nathan un peu dominateur, et Daniel d’une loyauté sans faille, mais on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi il le suit de cette façon, comme si son propre jugement et son libre arbitre passait après son amitié.

Et puis vient le drame, Daniel est arrêté pour le meurtre de Nathan. Mais que c’est-il passé, pourquoi ? Daniel raconte en détails les événements, on découvre alors comment il en est arrivé là.

A travers ce récit on plonge directement dans cette période finalement assez trouble. On découvre aussi un certain milieu carcéral où se côtoient non seulement des criminels de tous bords mais aussi des gardiens plus ou moins professionnels. Certains extrêmement bienveillants, d’autres horriblement sadiques.

 

Encore une fois j’ai été par conquise par Ellory. J’ai adoré ce roman qui nous met dans la position de témoins des confessions de Daniel; à la fois de ce qu’il dit à John Rousseau, de ce qu’il ne lui dit pas aussi et enfin de cet univers carcéral que l’auteur connait plutôt bien pour y avoir passé quelques années. On retrouve dans ce premier roman le talent déjà bien présent de l’auteur et on découvre à quel point Ellory était prometteur. Si vous connaissez ses romans qui ont suivi vous comprendrez mon enthousiasme, sinon je vous invite fortement à les découvrir.

 

http://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/

 

 

 

 

 

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Mauvaise étoile – R.J . Ellory

 

 

Elliott et Clarence avaient six ans et demi et 5 ans lorsque le père de ce dernier tue Carole, leur mère, car elle veut le quitter, pour ensuite se faire lui même tuer bêtement lors d’un braquage dont il n’était même pas à l’origine. C’est une amie de Carole, inquiète de ne pas avoir de nouvelles après deux jours qui les découvre aux cotés du corps de leur mère qu’ils croyaient endormie.

Les enfants sont envoyés dans un centre, mais suite à une agression, Elliott « Digger » se venge, sans jamais expliquer son l’origine de son geste. Nous sommes en 1964, les services sociaux ne font pas dans la dentelle et ne cherchent pas à comprendre qui est la véritable victime. Ils envoient les deux garçons de centres de redressement en instituts pénitentiaires pour mineurs, ne faisant qu’augmenter leur potentiel agressif. Clarence s’en sort encore pas trop mal, gardant une sorte de morale, mais on sent Elliott au bord du dérapage .

C’est alors qu’un détenu très dangereux, Earl Sheridan, transféré vers le lieu de son exécution se retrouve par hasard enfermé pour une nuit dans l’institut pénitentiaire où se trouve les garçons. Il parvient  à tuer son gardien, prendre Elliott et Clarence en otage et finalement s’enfuir. Leur route sera désormais semée de morts plus nombreux à chaque fois.

Les agents du FBI Nixon et Koenig, ainsi qu’un policier de Tucson, Cassidy,  se mettent alors en chasse du plus grand serial killer du moment.

 

 

J’aime beaucoup Ellory et en général ses romans sont toujours assez noirs. Ici, il met en avant le principe de la « Mauvaise étoile » qui poursuit Clarence dont le nom de famille : Luckman ne pourrait pas être plus mal trouvé. Il utilise énormément le « Si » et ce dès le début de l’histoire. Cela fait froid dans le dos de se rendre compte qu’à chaque fois un choix a mené à ces massacres. Massacres qui auraient pu être évités à plusieurs reprises si les choix des protagonistes avaient été différents. Ellory fait monter la tension, car on sait a chaque fois que le choix d’untel risque de  mener au désastre… et inévitablement  on y va, et nous lecteurs ne pouvons rien empêcher.

Earl Sheridan est diabolique ; il est véritablement le Diable incarné. Il tue pour tuer, parce qu’ainsi il se sent vivant, plus vivant que jamais. Il entraîne Digger dans sa folie meurtrière, mais l’élève fini par dépasser le maître. On peut se dire que le passé de Digger explique sa dérive, mais pourtant son frère tente de s’en sortir et n’a pas ce côté destructeur en lui. Par contre, il est poursuivi par une malchance incroyable (tout de même bien aidé par le machiavélisme de Earl)

Le FBI patauge complètement (la police scientifique n’est pas encore celle d’aujourd’hui). Au départ ils ne se rendent pas compte de ce qui se joue. Mais quand enfin ils comprennent, ils devinent que ce serial killer n’a pas de profil type et il est très difficile pour eux de « prévoir » où il va aller, et quelle genre de victime il va tuer… car en effet lui même ne le sait pas…

J’ai mis vraiment très longtemps à lire ce livre, non pas parce que je ne l’ai pas aimé (au contraire), mais parce qu’il est très pesant. On sait qu’on court à la catastrophe et on se demande comment cela va finir. Est ce que quelqu’un va enfin arrêter ce fou dangereux? Il fait peur parce qu’il n’y a pas de logique dans le choix de ses victimes et dès qu’on rencontre quelqu’un on devine qu’il y a peu de chance qu’il s’en sorte vivant. Il fait peur parce qu’on pourrait bien croiser un taré dans le genre en allant chercher son pain.

En tout cas c’est vraiment très bien fait, le suspense m’a noué, voir plombé (léger euphémisme) l’estomac comme rarement un thriller a su le faire. Le plus terrible ce sont les « si » il n’avait pas fait cela, « si » elle avait fait ceci » qu’Ellory  a disséminé partout au cours du récit et qui nous permettent  d’imaginer un tout autre dénouement pour les victimes. Le pire, c’est qu’on ne peut même pas dire qu’elles ont fait un choix mauvais, non parfois ça se résume à un mot prononcé, un rire entendu, un changement de programme de dernière minute…

Un thriller qui va loin dans l’horreur et qui nous tient en apnée, nous dérange, voir nous fait suffoquer (j’ai du le poser à plusieurs reprises et lire du très léger en parallèle, moi qui déteste lire plusieurs livres à la fois). C’est un livre qui m’a un peu rappelé l’ambiance de « Au delà du Mal » de Shane Stevens.

Âmes sensibles s’abstenir….

 

 

http://liliba.canalblog.com/archives/2014/04/08/29605653.html

http://ennalit.canalblog.com/archives/2014/04/01/28556374.html

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Les anges de New-York – R.J. Ellory

Sonatine + Ellory : vous qui commencez a me connaitre, ai-je vraiment besoin d’ajouter quelquechose !!!!

Sonatine – 551 pages

 

Franck Parish est flic a New York, comme son legendaire pere qui etait un hero national, membre des Anges de New York , combattant le crime organise et mort en service. Il traverse une periode tres difficile suite au deces de son coequipier et a cause de l’enquete interne qu’il subit. Il doit voir un psychologue, ce qu’il fait evidemment de tres mauvaise garce.

Sa vie de famille n’est guere plus reluisante puisque sa femme l’a quitte et que sa relation avec ses enfants est assez conflictuelle. Il est alcoolique, amer, et s’il est encore soutenu par sa hierarchie, c’est plutot pour ses reussites passees que pour l’homme qu’il est devenu.

La premiere scene nous met directement dans le bain : un junkie qui a deja bien amoche sa petite amie est sur le point de la tuer et de se suicider. Il ne veut pas parler au negociateur mais seulement a Franck Parish qui l’a arrete auparavant. Malgre ses efforts, ce dernier echoue et l’intervention se termine en carnage. Voila pour le decor…

Et comme le mal ne s’arrete jamais, Franck est appele sur une scene de crime en fin d’apres midi : un petit malfrat a qui il a deja eu affaire est retrouve mort par balle et en allant chez lui, il decouvre le corps d’une adolescente qui se revele etre la soeur de la victime. Tres vite Franck trouve un detail qui l’interpelle, apres recherche il semble persuade qu’elle n’est pas la seule. Et effectivement d’autres meurtes similaires ont eu lieu. Quel est le lien entres ces filles ? Qui est le lien….

 

J’ai adore ce livre. Ellory a vraiment un talent incontestable pour poser une atmosphere. Le personnage principal se trimballe pas mal de casseroles. Tout d’abord l’image de son pere « ce hero », mais qui pour lui etait un imposteur, un vendu. Pas facile de s’entendre dire toute sa vie que son pere etait formidable alors qu’on pense l’inverse. Ensuite sa vie de famille qu’il a completement ratee, trop accapare par son metier. Sa relation conflictuelle avec ses enfants qu’il voudrait surproteger alors qu’ils sont deja adultes. Et puis les affaires criminelles, toujours aussi sordides. Pour terminer : l’alcool a outrance, ce qui n’arrange rien.

J’ai beaucoup apprecie Franck a causes de toutes ces faiblesses. Il n’en n’est pas moins un excellent flic. Pour une fois la hierarchie n’est pas completement retournee contre le  flic en difficulte, meme si son chef l’a a l’oeil, il ne lui met pas trop de batons dans les roues  Et son nouveau coequipier est plutot comprehensif et aidant. Le « background » est noir et sordide, Ellory touche a une institution qu’on ne voudrait jamais voir defaillir.

J’ai beaucoup aime  la construction egalement, chaque journee est identifiee, quelques chapitres a chaque fois, assez courts donc  j’ai eu l’impression que ca avancait vite.  J’ai egalement apprecie les intermedes quotidiens chez le psy qui nous permettent de mieux comprendre Franck. Ces rendez vous ne sont pas steriles et le font avancer d’un point de vu personnel, quasiment au meme rythme que son enquete criminelle.

Un grand moment donc, a la hauteur de mes attentes. Bravo Mr. Ellory

Merci a Pauline et aux Editions Sonatine