[Jeunesse/YA] – Les 100 T1- Kass Morgan

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Une guerre nucléaire a ravagé la Terre et les survivants se sont installés à bord d’une gigantesque station spatiale, La Colonie, en attendant de pouvoir  y retourner. Aujourd’hui, 100 « criminels », des adolescents, vont y être envoyés afin de voir si la planète est de nouveau habitable. S’ils survivent ils seront libres.

Au moment de partir Bellamy se débrouille pour créer un incident afin de monter dans la navette pour y retrouver sa soeur Octavia. Profitant de la confusion, Glass réussi elle a s’en échapper  pour retrouver celui qu’elle aime et qui n’a jamais connu la vraie raison de son emprisonnement. Wells, fils du Chancelier, mais en conflit avec lui, a volontairement provoqué son arrestation pour faire parti des 100 et suivre Clarke arrêtée pour trahison, comme ses parents.

L’arrivée sur Terre est plus violente que prévue, la navette s’est plus ou moins crashée et les 100 doivent composer avec les provisions et matériels retrouvés. La Terre est pour eux un lieu hostile et ils ne savent pas si elle est encore toxique. Ils tentent de créer un semblant d’organisation, mais  n’oublions pas qu’ils ont tous un crime sur la conscience.

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Voici un roman jeunesse que j’ai pris plaisir à lire. L’histoire se déroule après qu’une guerre nucléaire ait totalement détruit la Terre. Quelques humains survivent dans une station spatiale, mais celle ci est vieillissante et il devient urgent d’envisager un retour sur Terre. Evidemment les habitants ne sont pas au courant. L’idée d’envoyer des prisonniers semble la meilleure. Ils seront de toute façon exécutés pour la plupart à leur majorité . Ici pas question de gâcher des ressources précieuses pour des criminels, d’ailleurs les adultes sont immédiatement exécutés s’ils sont reconnus coupables ; pas de sentimentalisme quand l’espèce humaine est menacée. On devine quand même un peu de précipitation dans cette expérience.

Les principaux personnages prennent tour à tour la parole. En même temps que l’action présente, on découvre leur passé et ce qui les a conduit là. On découvre également le fonctionnement de la station spatiale, divisée en plusieurs zones : Phoenix , Walden et Arcadia, où on retrouve une organisation proche de celle que l’on connaît sur la Terre, c’est à dire différentes classes sociales, plus ou moins bien loties et reparties dans les différents vaisseaux.

Les dirigeants semblent assez cruels dans leur façon de procéder, mais on peut comprendre (pas forcement accepter) leur point de vue. La survie de l’espèce humaine se fait au dépend de quelques individus.

Ce premier tome est clairement celui de la mise en place. On découvre les faits, les personnages, et un élément nouveau (le retour sur Terre) est le point de départ de l’intrigue. Il y a évidemment des histoires d’amour, de trahison et d’amitié qui pimentent un peu tout ça. Egalement beaucoup de descriptions et d’explications, assez classique quand l’histoire se déroule sur plusieurs tomes, mais pour autant je ne me suis pas ennuyée une seconde . J’ai dévoré ce livre en deux jours. J’ai très envie de connaitre la suite mais je serais également très curieuse de découvrir l’adaptation télé qui va débuter aux Etats Unis, je pense qu’il y’a effectivement un bon potentiel !

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http://mutietseslivres.com/2013/09/19/challenge-jeunesse-young-adult-3/

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Le Manipulateur – John Grisham

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Malcolm Bannister est un ancien avocat qui purge une peine de 10 ans de prison. Enfermé depuis 5 ans il ne supporte plus cette situation car il est innocent de ce dont on l’accuse. Juste une victime collatéral du système, il est tombé à la place de ses associés lors d’un procès bâclé . Sa femme l’a quitté, il ne voit pas grandir son fils, alors malgré un centre de détention plutôt « agréable » , il n’imagine pas rester 5 ans de plus entre ces murs.

Lorsqu’il apprend que le juge Fawcett et son assistante ont été retrouvés morts dans la maison de campagne du premier, coffre fort ouvert, sans aucune trace d’effraction, Malcolm sait qu’il va pouvoir tirer son épingle du jeu. Il sait qui a fait le coup et pourquoi. L’enquête piétine alors son offre est alléchante : sa liberté contre le coupable.

Il entre donc dans le programme de protection des témoins, mais loin d’être idiot , il sait que ceux qu’il a dénoncé le retrouveront malgré tout, et surtout il veut se venger non seulement de ceux qui l’ont mis dans cette situation mais également du gouvernement fédéral qui en a fait un bouc émissaire bien pratique.. Alors il tente de disparaitre complètement, jouant au chat et à la souris avec tout ce petit monde tout en gardant en tete son principal objectif : être libre et riche…

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Comme beaucoup, j’ai découvert John Grisham avec « La firme », un de ses premiers romans il y a plus de 20 ans et j’avais adoré. C’était la première fois que je me retrouvais au coeur du système judiciaire américain, sujet parfaitement maitrisé par cet ancien avocat. Depuis je suis toujours très fan du genre thriller juridique et plus particulièrement de cet auteur. Il nous propose à peu près tous les ans un nouveau roman et j’avoue que je me laisse souvent tenter, « tient et si je me faisais un p’tit Grisham » 😉 Ils sont plus ou moins réussit à mon goût mais on passe toujours un bon moment. Celui là fait partie de mes préférés.

En effet j’aime bien quand le héros veut se venger du système. Malcolm est avocat et il vient de passer ces 5 dernières années à conseiller ses co-detenus, donc il connait le droit carcéral sur le bout des doigts, les ficelles, les failles et les trucs qui fonctionnent. Il attend juste le bon moment et finalement ce moment arrive enfin, avec l’assassinat du Juge Fawcett…

On le suit alors dans son scénario, c’est prenant. Ce que j’aime par dessus tout dans ces romans c’est la façon dont on découvre le système juridique de l’intérieur. Et parfois on se rend compte qu’il y’a des choses un peu étonnantes comme ce fameux article 35 qui permet à n’importe quel détenu d’être libéré sans condition s’il apporte un élément permettant l’arrestation d’un criminel…

Et puis notre héros est également réaliste : il a tout perdu et il sait que de toute façon il ne reverra jamais son fils,  donc ce qu’il veut maintenant c’est : sortir, se venger, devenir riche et profiter de la vie. On découvre qu’il a planifié au millimètre un scénario machiavélique pour y parvenir…. Le petit avocat du cabinet Copland, Reed et Bannister qui s’est fait avoir par ses associés il y a 5 ans  n’est peu être pas si naïf que ça finalement…

http://liliba.canalblog.com/archives/2013/07/04/27563894.html

Histoire d’Alice, qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris plus un) – Francis Dannemark

 

Le jour de l’enterrement de sa mère, Paul rencontre enfin sa tante Alice… Il a depuis toujours entendu parler d’elle, mais ne l’a jamais rencontrée. Elle a 73 ans, est anglaise d’adoption, elle a toujours vécu très loin de sa famille et a été veuve…9 fois. Elle a quitté la France suite à un tragique accident qui a touché ses proches et n’est jamais plus revenue. Aujourd’hui il est temps pour elle de faire connaissance avec son neveu Paul et c’est à son hôtel ou autour d’une bonne table qu’elle lui raconte son incroyable vie.

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J’ai vraiment énormément aimé ce livre. Ou plutôt j’ai vraiment énormément aimé Alice. Jeune, la vie ne lui a pas fait de cadeau, ensuite non plus car comme une malédiction, elle a perdu tous ses maris les uns après les autres, plus ou moins rapidement. Ce court roman se divise en autant de chapitres que d’hommes dans sa vie.

Avec chacun d’eux elle a découvert un bout du monde et a été très heureuse car évidemment elle était amoureuse. C’est sans doute pour cela qu’elle dit oui à chaque fois, elle ne veut jamais penser que la malédiction la poursuivra encore une fois. Elle vit pleinement ses histoires et est à chaque fois dévastée par la perte. Seule la mère de son deuxième mari, Maggie,  avec qui elle s’entend très bien et qui est devenue une amie, reste comme une sorte de rocher sur lequel elle peut s’appuyer quoi qu’il arrive. Un personnage que j’ai beaucoup aimé aussi.

Pour autant elle ne se plaint pas et reste finalement assez optimiste. C’est une très belle histoire et bien que triste parfois, elle est emportée par cette femme lumineuse que j’ai terriblement envie de connaître. Le ton n’est pas du tout larmoyant, parfois un peu coquin, et j’ai vraiment beaucoup aimé quand elle cherche ses mots et parle à Paul en anglais ( le manque de traduction peut, peut être, gêner un peu les lecteurs qui ne connaissent pas la langue en leur enlevant une partie des bons mots d’Alice).

Et puis j’ai aimé la manière dont elle se  raconte à Paul, sa façon de lui raconter sa vie…toujours autour d’un bon plat…

Voilà mon dernier petit livre coup de cœur, un personnage qui m’a ému profondément, une femme au destin tragique qui reste malgré tout optimiste, et une fin poignante. Merci Francis Dannemark pour ce joli cadeau.

Easter Parade – Richard Yates

J’avais très envie de lire cet auteur depuis longtemps et j’ai choisi ce roman parce que c’est une histoire de soeurs.

Années 30 aux Etats Unis,  après le divorce de leurs parents (deux personnalités atypiques) Sarah et Emily Grimes se retrouvent ballottées de villes en villes par leur mère “Pookie” au gré de ses emplois et de ses lubies, et vouent une admiration sans borne à leur père qui “écrit les gros titres au Sun”. En réalité il est juste correcteur.

Les deux jeunes filles grandissent, aussi différente l’une de l’autre que possible, rencontrent des garçons, entrent dans l’âge adulte. Sarah se marie avec le jeune voisin Tony Wilson, et devient une parfaite épouse et mère de famille. Alors qu’Emily choisi la voie de études et obtient une bourse à Barnard. Elle passe d’homme en homme sans jamais totalement se fixer, ni vraiment s’attacher.

 

J’ai beaucoup aimé ce roman malgré le fait qu’il brosse le portrait d’une Amérique assez banale et que les personnages principaux n’aient pas de grands destins.

Sarah est l’ainée. Elle a 9 ans quand nous la rencontrons. Elle est la plus jolie, celle à qui on fera porter un appareil dentaire, celle sur qui mise Pookie pour faire un bon mariage et qui le fera. Elle est très conventionnelle et finalement très prévisible.  Elle aime son mari, fait 3 enfants en 3 ans. Elle a une belle plume qu’elle n’exploite malheureusement pas. Mais quand la jolie façade de sa belle famille s’écroule un peu et que son mari révèle sa vraie nature, elle qui était si épanouie dans son adolescence, se retrouve malheureuse, enfermée dans un mariage qu’elle fuit un verre à la main, n’ayant le courage de partir vraiment.

Emily (4 ans au début du roman) souvent laissée pour compte par Pookie, à toujours été un peu jalouse de sa sœur : parce qu’elle était plus jolie, parce qu’elle paraissait toujours savoir ce qu’il fallait faire, parce qu’elle passait plus de temps avec son père. Emily mise sur  son intelligence à défaut de son physique et obtient une bourse pour l’Université. Sa vie sera jalonnée de différents emplois et amants.

J’ai eu vraiment beaucoup de mal avec Sarah, victime consentante de sa vie. Emily, elle, m’a été un peu plus sympathique mais je l’ai trouvé trop fataliste. Elle accepte tout ce qui lui arrive de manière générale. Finalement, elle aussi subit sa vie. Elle adore son père, mais l’amour familial semble s’arrêter là. Il faut dire que sa mère n’est franchement pas un modèle. Excentrique et alcoolique, elle l’embarrasse plus qu’autre chose. Quant à Sarah, elle la voit bien sombrer, mais si elle se révolte de sa situation, elle n’insiste pas vraiment pour l’aider à s’en sortir. Elle fait juste le minimum syndical pour être en phase avec sa conscience.

En fait ce qui m’a vraiment plus c’est le portrait de l’époque, l’ambiance, le style de l’auteur et son regard sur ces deux filles. Il y a une atmosphère très particulière, on voit le temps passer sur le visage des personnages. Yates ne leur fait pas de cadeau et nous prévient dès les premières ligne : « Aucune des deux sœurs Grimes ne seraient heureuse dans la vie,.. » et ce qui est frappant, c’est qu’elles semblent cultiver cet état de fait.

Une belle découverte pour moi, et j’ai vraiment très envie de lire d’autres romans de cet auteur, dont le fameux « Fenêtre Panoramique » qui est déjà dans ma PAL.