À l’Hermine blanche – Kyra Dupont-Troubetzkoy

 

 

 

Sacha, 5 ans, fait une terrible chute depuis le balcon de l’appartement de l’Hermine Blanche. Elle vient de perdre sa mère adorée… Bien plus tard, nous découvrons sa vie après le drame. Elle se raconte petite fille puis adulte, y mêlant la vie de sa mère Sophie au fur et à mesure de ce qu’elle apprend : sur cette dernière, sur sa famille,  l’histoire dans l’Histoire… Tout ce qui a fait d’elle l’adulte d’aujourd’hui et qu’elle est enfin prête à entendre et comprendre.

 

 

Sacha grandit entourée d’amour auprès de sa mère Sophie et du compagnon de celle-ci, Sam.  Sa vie est pour elle merveilleuse même si son père n’est pas tellement présent. Peu importe, Sam est là.

Et puis c’est le drame. Sa mère disparaît, morte de chagrin lui dit-on… Peu de temps après Sacha tombe du balcon et toutes les hypothèses sont envisagées . Son père et sa belle-mère la prennent en charge mais sont terriblement maladroits face à cette enfant si jeune et déjà cabossée par la vie ; démunis, ils décident de l’envoyer en pension. Elle a 5 ans…. Heureusement ses grand-parents lui apporteront un peu de ce qui lui manque tant.

Par le biais de chapitres interposés, Kyra Dupont-Troubetzkoy nous raconte l’histoire de Sacha qui s’entremêle à celle de Sophie au fur et à mesure de ses recherches,  pour arriver à ce qui a été à la genèse du drame, des drames. Car tout ne se cantonne pas à uniquement Sophie. Descendante de l’aristocratie russe, c’est toute son histoire familiale aux personnalités imposantes comme son grand-père Alexandre que nous découvrons. Mais c’est également celle de la descendance de cette génération qui a vu l’Empire Russe s’écrouler et que Sacha va rencontrer en osant enfin et simplement poser des questions aux témoins de ces existences. La terrible et profonde douleur de l’exil, l’espoir de retour jamais exaucé .

Et puis tous ces nons-dits, volontaires ou non, mais beaucoup trop nombreux. Quel immense gâchis…

 

Ce roman a été comme un coup de poing et je n’ai certainement pas toujours su mettre la distance qu’il fallait dans ma lecture. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à écrire cette chronique, tout n’est pas encore digéré, tant de choses se bousculent encore. Je ne m’attendais pas à ressentir tout ça quand Kyra m’a proposé de lire son dernier roman . Même si le récit n’est pas autobiographique, on sait que certaines choses viennent de son histoire personnelle, elle ne s’en cache pas. Qui, quoi, comment peu importe, et comme elle l’espérait cette dernière peut résonner avec les histoires de chacun de nous. Dramatiques ou heureuses, mais tellement profondément intimes. On ne peut pas rester insensible, enfin moi je ne peux pas.

Et puis j’ai toujours été attirée par la Russie des Tsars, une sorte de fascination pour tout ce qui tourne autour des familles royales ou impériales . Je suis même allée rechercher sur le web des infos oubliées sur la révolution bolchevique,  sur les personnages connus cités pour les replacer historiquement, abandonnant ma lecture au milieu d’un paragraphe . Et puis je me suis rappelée avec une précision étonnante mes cours d’histoire de l’Art, ajoutant des images aux mots de Sacha.

J’ai eu l’impression d’être témoin d’une histoire qui ne m’appartient pas mais qui me parle, de la vivre dans l’ombre des personnages.

Chamboulée, touchée, coulée, voilà comment j’en suis sortie. Pardon si ma chronique part un peu dans tous les sens, je suis encore K.O un mois après ma lecture.

 

C’est donc un roman que j’ai trouvé très fort, un ascenseur émotionnel dont les personnages vont m’accompagner longtemps, très longtemps.

 

Merci Kyra, n’arrête jamais d’écrire….

 

Catégorie Animal

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[Jeunesse] Un roman d’aventures (ou presque ! ) – Yael Hassan

Dès 11 ans

 

Nathan vient de perdre son travail de journaliste. Plutôt que de se morfondre, sur les conseils de sa femme et de son fils Simon, il se lance dans l’écriture d’un roman pour ado. Suivant scrupuleusement les conseils de sites spécialisés et de son fils, parfaite cible, il se lance dans une histoire rocambolesque dans laquelle il laisse volontairement ses commentaires . Egalement préoccupé par le cambriolage de leur maison de vacances, il jongle entre deux intrigues de façon plutôt originale.

 

 

Voici un roman plutôt différent qui s’adresse à un public assez jeune mais qui aime les intrigues . Si l’histoire dans l’histoire n’est pas vraiment novatrice, c’est la manière dont la narration est exprimée qui m’a assez plu. En effet au cours de la lecture, le récit est écrit avec 3 polices différentes. La vie de Nathan et sa famille, le roman qu’il écrit et enfin ses commentaires. Visuellement nous savons exactement où nous en sommes et je trouve que cela donne une certaine dynamique, parfaite pour tenir en haleine nos jeunes lecteurs.

Autre petite chose surprenante, Nathan a décidé d’écrire directement au coeur de son récit ses propres réflexions (entre parenthèses et en italique) . Il explique à son fils que,  lorsqu’on lit un roman, on se pose toujours des questions sur le pourquoi l’auteur a écrit ceci ou cela, et bien lui il le note directement…pourquoi pas ? C’est original et ça ajoute une bonne pointe d’humour à l’ensemble.

Le roman de Nathan en lui même est assez simple, voir déjà vu :  une disparition de parents inquiétante, une grosse panne de courant… mais ça fonctionne si on ne s’arrête pas aux petites incohérences relevées par nos yeux d’adultes. Novice en roman adolescent il suit avec précision les conseils qu’il peut trouver afin de bien en comprendre les codes et les inclure dans son récit. Il ne manque pas non plus de demander à son fils ce qu’il en pense (ah, un adulte qui demande conseil à un enfant, enfin !) En parallèle il est victime d’un étrange cambriolage dans sa maison de vacances et mène une sorte d’enquête personnelle pour comprendre les motivations des voleurs…qui n’ont rien volés…

 

J’ai passé un bon moment en lisant ce livre, et comme je le disais je trouve la mise en scène est vraiment sympa. Le suspense et l’humour qui le compose devraient beaucoup plaire aux jeunes lecteurs, qui apprécieront probablement la relation père-fils entre Nathan et Simon .

Et pour une fois, je leur recommande vivement de lire la quatrième de couverture 😉

 

https://mutietseslivres.com/2017/10/01/challenge-jeunesse-young-adult-7/

 

 

[Jeunesse/YA] Power Club T1 : L’apprentissage – Alain Gagnol

 

Dès 13 ans

 

En cette année 2038, Anna vient de fêter ses 17 ans et ses richissimes parents ont décidé de lui faire une belle surprise : un bon d’adhésion pour le Power Club !!!

D’abord un peu retissante elle accepte finalement de tenter l’aventure et devenir une Super héroïne !

 

 

Dans un avenir assez proche, nous découvrons que la technologie a tellement évolué qu’il est désormais possible de devenir un super héros grâce… à une simple injection et surtout un gros chèque ! On est loin de la piqûre d’araignée accidentelle de Peter Parker ou de l’alien Clark Kent !!

Le Power club est composé de plusieurs jeunes gens aux super pouvoirs qui aident à maintenir l’ordre. Le principe : recevoir artificiellement des boosters, devenir donc invincible et accepter de les rendre à l’age de 25 ans (car au-delà, le risque de développer des cancers est multiplié par 1000)

S’ils aident effectivement au maintien de l’ordre, il ne faut pas oublier que la société qui gère cela ne vit pas d’amour et d’eau fraiche….loin de là et les membres du Power Club sont de parfaites affiches publicitaires. Alors quand la jolie roue se grippe juste au moment de l’arrivée d’Anna, et que l’un des membres est retrouvé mort (ce qui devrait être impossible), il faut trouver rapidement une réponse …discrètement . Or Anna entend par hasard des choses qu’elle n’aurait jamais du savoir…

Elle se pose forcément des questions, que c’est-il réellement passé ? Et qui est Matthew Banks, celui qui a refusé de rendre ses boosters ??? Le joli monde des Super Héros est loin d’être aussi parfait que veut bien laisser croire la com. d’Elisabeth Foster, directrice du Power Club..

 

Après un démarrage de ma lecture plutôt mitigé :  l’intérêt soudain d’Anna pour le Power Club qu’elle semblait mépriser ou du moins se désintéresser dès que ses parents lui offre m’a un peu agacé. Cependant, sa personnalité est très attachante et j’ai vite mis de côté ce petit détail. L’intrigue se passe dans un futur assez proche, suffisamment proche pour qu’on y ait des repères mais suffisamment éloigné pour y insérer des technologies improbables aujourd’hui.

Ce qui me plaît pas mal, c’est que pour une fois nous avons une adolescente dont les parents sont certes extrêmement riches, mais pour autant très proches de leurs enfants . On est loin du cliché milliardaires = parents absents/démissionnaires/enfants élevés par des nounous ou livrés à eux même avec une collection de cartes de crédits. Anna d’ailleurs se préoccupe beaucoup de ce qu’ils peuvent penser et prend bien soin de rester un modèle pour son petit frère. La séparation d’avec sa meilleure amie est très difficile et elle reste en contact malgré un emploi du temps très chargé.

Ce premier tome comme son nom l’indique est celui de l’apprentissage. Anna doit se faire à ses pouvoirs mais également à sa nouvelle vie. On se rend vite compte que la jolie image télévisuelle n’est pas totalement réelle. Un peu comme dans toutes les émissions de télé réalité finalement.

Anna n’est pas parfaite, elle ne prend pas forcément toujours les bonnes décisions, mais tant mieux, elle serait insipide. C’est une adolescente intelligente et sensible et qui aura le courage d’aller au bout de ses convictions.

 

Le roman se lit très vite, l’intrigue est sympa et la fin laisse présager une suite étonnante que j’ai très envie de découvrir. Une série qui devrait plaire, même si on est pas fan des Super Héros .

 

https://mutietseslivres.com/2017/10/01/challenge-jeunesse-young-adult-7/

Mousseline la Sérieuse – Sylvie Yvert

Editions Heloise d’Ormesson – 336 pages

 

Mousseline la Sérieuse…c’est le surnom que donnait Marie-Antoinette à sa fille Marie-Thérèse Charlotte de France. A la fin de sa vie, elle décide de coucher celle-ci sur le papier. De la petite fille grandissant au Château de Versailles, en passant par l’adolescente emprisonnée avec le reste de sa famille pendant la Révolution,  jeune adulte ensuite seule rescapée mais envoyée en exil… Comme dans un journal intime nous revivons l’Histoire d’un point de vue bien différent de celui dont nous avons l’habitude.

 

Ayant grandi à Versailles, j’ai toujours eu une fascination pour la période historique qui court de Louis XIII à Louis XVI particulièrement. J’adore regarder des documentaires, des films,  lire des biographies ou des romans sur cette époque… Celui-ci me tentait particulièrement car je connais peu Marie-Thérèse finalement, pourtant la seule à avoir survécue après la Révolution. Des écrits de sa main ayant été retrouvés, Sylvie Yvert a pu s’appuyer dessus pour nous proposer une sorte de journal qu’elle aurait écrit tout au long de sa vie.

J’avoue avoir vraiment beaucoup aimé ce livre. Pour une fois, nous voilà de l’autre côté du mur, à l’intérieur même de la Famille Royale. Nous découvrons tout d’abord la petite fille, totalement en adoration devant son père. Un père très présent, très moderne (dans le sens contemporain du terme), une famille atypique pour l’époque.

J’ai adoré les voir par le prisme du regard de cette petite fille, puis de l’adolescente enfermée au Temple . C’est une histoire différente de celle dont on a l’habitude de parler, une autre version des anecdotes retenues jusqu’ici . On y découvre un Louis XVI qui ferait et fera tout pour éviter de faire couler le sang de ses sujets. Il aurait pu à plusieurs reprises s’en sortir, mais il refuse de le faire par la répression. Quand on lui reprochera tous les morts, il le dira à nouveau, ce ne sont pas ses ordres qui ont fait couler le sang. Non, lui a été plutôt consensuel, acceptant dès le début de signer tout ce que les révolutionnaires voulaient. Mais il était finalement peut être trop conciliant et on voulait se débarrasser de la monarchie, donc n’importe quelle excuse fut la bonne. De même Marie-Antoinette reste tellement digne, tellement gentille, même avec ses geôliers, qu’il faudra inventer une sombre histoire calomnieuse pour l’exécuter…

Alors évidement on n’était pas présent pour totalement les dédouaner, mais ce point de vue m’a mis dans une empathie totale pour cette famille qu’on a sacrifiée, qui a été séquestrée dans des conditions épouvantables pandant des mois, des années . On les  a séparé les uns des autres et ils furent totalement abandonnés par le reste de leurs familles respectives .Celle de France qui avait fui hors du pays, mais également celle de Marie-Antoinette en Autriche, qui n’a jamais rien fait pour les sortir de là.

Marie-Therese a passé 4 ans enfermée, on ne savait plus trop quoi en faire finalement…que lui reprocher à part de représenter la monarchie…

Au crépuscule de sa vie, en Italie, elle raconte ensuite le reste de son existence, d’exil en réhabilitation, exil à nouveau…mariage choisi mais malheureusement sans enfants…

C’était vraiment passionnant et le style est également très agréable. J’ai quitté Marie-Thérèse en me disant que trop de quiproquos et malentendus ont jalonnés sa vie et quelle vie, quelle personnalité ! Elle garde toujours un optimisme à toute épreuve et reste fidèle à la parole donnée à son père de ne pas chercher à les venger.

C’est mon premier coup de coeur de l’année !

 

Catégorie Aliment/Boisson

[Jeunesse/YA] Ne retournez jamais chez une fille du passé – Nathalie Stragier

 

Pénélope est de retour au Moyen-Age tardif un an plus tard afin de voir si Andrea et sa famille vont bien. Justes quelques minutes…qui vont s’éterniser quand elle se rend compte qu’elle ne parvient pas à repartir… Pas d’autre choix que de retourner chez Andrea qui l’accueille bien évidemment.

 Alors qu’elle se verrait bien rester un peu plus longtemps que prévu, goûtant aux joies de l’adolescence de notre époque une terrible nouvelle tombe …. elle aurait fait une erreur.. sa précédente intervention l’an passé n’aurait rien  réglé…. 

 

J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette série : Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous . A l’époque je ne savais pas encore que ce serait une trilogie mais je me doutais qu’il y aurait une suite. Quand j’ai su qu’il y aurait un troisième tome en 2017 j’ai retardé le plus possible la lecture de celui-ci pour ne pas avoir à attendre trop longtemps, d’ailleurs il sort bientôt .

Dans ce tome, la narratrice change. Il ne s’agit plus d’Andrea mais de Pénélope. J’ai beaucoup aimé l’idée, nous voici désormais du point de vue de la voyageuse. Un an après être rentrée, Pénélope se demande comment va la famille d’Andrea. Ont-elles bien réussi à éviter le désastre ? Son amie lui manque …et puis Pierrick un peu aussi ;-)…

Un petit aller retour dans le passé, très rapide, juste histoire de voir comment ils vont… ça ne fera de mal à personne. Et puis personne ne sera au courant.. Sauf qu’une fois revenue dans le passé, impossible de faire machine arrière…elle est coincée en 2020 et n’a donc d’autre choix que de retourner chez Andrea.

Ses premières observations semblent confirmer que tout va bien.  Elle se verrait bien prolonger un peu son séjour, surtout après sa rencontre avec deux nouveaux personnages : Antares et Vigdis qui vont prendre une grande importance dans son existence . Or on ne peut pas être passer à côté du fait qu’elle avait repris sa vie en 2171 tout à fait normalement, comme elle l’avait laissée … Y aurait il une histoire de dimension différente dans ce voyage temporel ??? En changeant le passé elle aurait du changer le futur ! En fait ce qu’on l’on craint arrive…mais pourquoi ce décalage historique ??? Pénélope n’aurait-elle pas encore laissé son esprit vagabonder lors de ses cours d’histoire, confondant quelque peu les dates ?

Une véritable course contre la montre s’engage pour Pénélope qui commence à apprécier la présence des hommes sur la Terre . Elle encaisse difficilement, cette nouvelle est terrible. Elle avait pourtant fait le nécessaire un an plus tôt.. que s’est-il passé ??

 

J’ai vraiment beaucoup aimé retrouver Pénélope et Andrea. Le fait d’être dans la tête de la première  cette fois m’a beaucoup plu. On garde les même ingrédients : humour, amitié, réflexion, suspense … mais on change de point de vue. Je me doutais bien que quelque chose avait cafouillé vu que le futur n’avait pas changé mais je n’avais pas pensé à ça. J’ai bien aimé également les nouveaux personnages, qui apportent une nouvelle dimension à l’histoire et j’ai vraiment très très hâte de lire la suite (elle arrive très bientôt !!!!!) car Nathalie Stragier nous a écrit une fin que je n’avais pas vu venir… Oh que j’ai bien fait d’attendre pour lire ce tome 2 !!! ;-

 

La vie enfuie de Martha K. – Angelique Barbérat

 

 

Une femme se réveille blessée et frigorifiée à l’arrière d’un camion à la frontière de l’Allemagne et de la Pologne, avec pour seul bagage un paquet de mouchoirs, un peigne et un bâton de rouge à lèvres …elle ne se souvient de rien, elle parle allemand… Ce n’est que 50 jours plus tard qu’on fait le rapprochement avec la disparition d’une femme en France. De retour chez elle, Martha, car tel est son prénom, a bien du mal à se mettre dans les pas de l’ancienne Martha. Bien qu’aillant toutes les preuves d’être bien cette femme. elle ne se reconnaît dans rien au grand désarroi de son mari. Enceinte et déjà maman d’un garçon de 10 ans, malgré quelques tensions, elle fait de son mieux au quotidien, espérant que son amnésie se dissipe…mais 3 ans plus tard c’est toujours le trou noir… jusqu’à ce qu’elle entende un nom à la radio…

 

 

J’avais plutôt bien aimé  » le moment précis où les destins s’entremêlent » que j’avais lu l’été dernier donc quand j’ai vu celui-ci je me suis dit que j’aimerais bien retourner dans l’univers de l’auteur. Je voulais quelque chose de facile à lire mais qui me ferait passer un bon moment

Nous rencontrons Martha alors qu’elle même ne sait plus qui elle est. Retrouvée à l’arrière d’un camion par deux routiers à la frontière de l’Allemagne et de la Pologne, elle est incapable de dire qui elle est ni d’où elle vient. Blessée, on la conduit en Allemagne car c’est en allemand qu’elle s’exprime instinctivement, parfaitement …

Ce n’est qu’une cinquantaine de jours plus tard que l’on comprends enfin qui elle est. Elle est française d’où la difficulté à l’identifier ; elle est mariée et maman d’un petit garçon de 10 ans. Et d’ailleurs elle est également enceinte. Elle retourne donc « chez elle », mais son amnésie est toujours aussi présente. Rien ne lui revient. On pourrait se demander si elle était bien Martha Klein, mais l’amour d’un petit garçon de 10 ans ne se fausse pas.

Il y a Martha « elle » et Martha « moi ». Ces deux femmes semblent si différentes l’une de l’autre que c’en est troublant. Pourtant son mari Philippe fait de son mieux mais c’est difficile pour la Martha d’aujourd’hui de le considérer comme son mari. Elle ne ressent pas ce qu’elle pense devoir ressentir envers lui. C’est un étranger. Et pour lui évidement il y a une grande frustration à ne pas retrouver celle qu’elle était.

Pendant trois ans elle fera le nécessaire, mais sa mémoire ne revient pas, pire elle lui joue encore des tours et Martha passe son temps à chercher ses clés ou autres objets dans la maison. Elle est suivie par une psychologue, elle relit le « dossier de sa vie », fréquente les gens qu’elle voyait avant : sa voisine Patricia, Lisa ancienne collègue de l’école où elle enseignait…elle tente de faire venir l’étincelle mais rien. A tel point qu’on se demande vraiment s’il n’y a pas une manipulation générale de tous les protagonistes de l’histoire et qu’elle n’est pas celle qu’on veut lui faire croire.

Et puis un soir elle entend un nom, et là, enfin le déclic…tout lui revient…et surtout elle comprend beaucoup de choses.

A ce moment là j’ai eu un peu l’impression de tomber dans le cliché, mais l’auteur a une faculté a vous emmener que vous ne lâchez pas le livre. Et puis finalement toute la vie de Martha avant l’accident se remet en place et évidemment on veut comprendre. Le dénouement de l’intrigue m’a surpris mais en y repensant finalement je ne suis pas vraiment étonnée, c’est bien amené.

Petit bémol pour la toute fin, autant j’adore quand un auteur prend le temps de replacer ses personnages quelques années plus tard afin que nous sachions ce qu’ils sont devenus, autant ici je n’ai pas été emballée par la façon dont elle était traitée…mais bon, c’est un détail.

 

Un roman bien fichu avec lequel j’ai passé un excellent moment et que j’ai eu du mal à poser pour faire autre chose ( heureusement mon P’tit loup était en vacances chez ses grands parents donc j’ai eu du temps à consacrer à la lecture). Essai transformé avec Angelique Barberat, dont je pense me procurer les deux précédents romans « Bertrand et Lola » et « Lola et l’apprentissage du bonheur » (à qui elle fait un clin d’oeil dans celui-ci) car j’aime décidément bien les univers qu’elle propose.

 

Catégorie Prénom

Catégorie Prénom

Le temps est assassin – Michel Bussi

Presses de la Cite - 532 pages

Presses de la Cité – 532 pages

 

 

 

En cet été 2016 Clotilde revient avec Franck son mari et Valentine sa fille adolescente, sur les traces de son passé. C’est là, au camping des Euproctes sur la presqu’ile de Revellata en Corse qu’elle a passé son dernier été avec sa famille 27 ans plus tôt. Le 23 aout 1989  ils sont tous morts dans un accident de voiture, elle est la seule rescapée.

Elle y retrouve quelques protagonistes de cette époque ainsi que ses grands parents paternels installés un peu plus haut dans la montagne dans la bergerie d’Arcane.

Mais on ne remue pas impunément le passé, et alors qu’elle essaie de comprendre pourquoi son père n’a pas tourné, précipitant la voiture dans le vide, elle reçoit une lettre . Une lettre lui disant de se poster sous un arbre, une lettre signée P. P comme Palma, sa mère….

 

 

Michel Bussi fait partie de ces auteurs français que j’aime bien et dont je guette les nouvelles parutions. Je suis sûre de passer un bon moment avec ses romans car il a le don de m’embarquer dans ses histoires. J’arrive toujours parfaitement bien à visualiser les personnes et les lieux, pour moi c’est vraiment important. Ce qui me plaît aussi c’est que rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y parait. On pense trouver la solution car elle s’impose, mais non et puis si finalement on y revient et pour finir c’est autre chose.. le fameux « twist » de fin de roman qu’il affectionne. Je me fais avoir à chaque fois alors que je le sais,  à part pour « Un avion sans elle » ou j’avais trouvé le truc, mais c’était quand même un super moment de lecture.

En plus il est vraiment très sympa. Venu l’an dernier à Dubai pour le festival de littérature, il a eu la gentillesse de prendre sur son temps pour faire une conférence auprès des élèves du Lycée Français, répondant (ou contournant habilement 😉 ) leurs questions sur son travail d’écrivain . Un moment vraiment très agréable, intéressant et tellement rare pour moi. J’ai pu lui parler quelques minutes avant la conférence et cela reste un très bon souvenir.

 

Revenons à nos moutons. Dans ce roman nous suivons Clotilde. Avocate, la quarantaine, elle revient sur les terres de sa famille paternelle 27 ans après le tragique accident de voiture qui a décimé sa famille la laissant seule rescapée. Elle souhaitait montrer l’endroit à sa fille Valentine, 15 ans soit l’âge qu’elle avait lors du drame , et son mari Franck.  Tous deux ne semblent pas vraiment concernés par ce qui lui est arrivé, c’est trop ancien, ça n’a plus de sens. (Je ne les ai pas forcément trouvé très sympathiques ni l’un ni l’autre) Or le passé la rattrape, elle reçoit une lettre de sa mère : est elle vivante, est ce une mauvaise plaisanterie ? Clotilde sait que c’est impossible elle a vu le corps de sa mère dans le ravin. Mais quand elle apprend que l’accident était peut-être finalement un sabotage, tout prend des proportions inattendues.

Parallèlement, en alternance de chapitre, nous retrouvons Clotilde à 15 ans par le biais du journal qu’elle écrivait cet été là,

On découvre donc à la fois la vision de la jeune fille à l’époque  grâce à celui ci , et celle des adultes à travers l’enquête que mène Clotilde aujourd’hui. Petit à petit beaucoup de choses prennent un sens, que seule la combinaison des deux va pouvoir lui faire comprendre.

 

J’ai beaucoup aimé ce roman également, encore une fois j’ai été embarquée. Je ne connais pas la Corse et je n’ai eu la curiosité de regarder des photos des lieux qu’après avoir refermé le roman. J’ai été surprise de découvrir que mon imagination, grâce aux descriptions de l’auteur, ne s’était pas trompée et correspondait bien à la réalité. Ça ne m’arrive pas si souvent de visualiser aussi bien un lieu inconnu

Voila un roman que je vous recommande si vous voulez passer un bon moment. Parfait pour un week-end ou des vacances. Attention, il est parfois difficile de le lâcher tant on veut comprendre le destin de Clotilde.

 

Categorie Gros Mot

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