A l’encre russe- Tatiana de Rosnay

Editions Héloïse d'Ormesson

Editions Héloïse d’Ormesson

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Nicolas Kolt est un jeune écrivain à succès. Son premier roman “L’enveloppe” est un best seller international, écrit alors qu’il n’était encore que Nicolas Duhamel, ce jeune homme marqué par la disparition en mer de son père lorsqu’il était enfant . A 24 ans, en voulant refaire son passeport, il découvre les origines russes de ce dernier. Profondément affecté il entreprend un voyage pour découvrir son histoire familiale. Cette histoire sera à l’origine de son roman et du phénoménal succès qu’il a reçu.

Parti quelques jours en Italie avec sa petite amie du moment, espérant trouver enfin l’inspiration pour son nouveau livre, il revient sur son parcours et ce qu’il est devenu…

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Comme vous le savez, je suis une grande fan de Tatiana de Rosnay, alors autant vous dire que son nouveau roman était attendu.

Nicolas Kolt est un personnage finalement assez détestable. Le succès de son roman lui est monté à la tête et depuis 3 ans, il passe plus de temps sur les réseaux sociaux à indiquer la couleur de sa chemise ou le menu servi en première que sur son prochain manuscrit, pourtant déjà largement payé par son éditrice qui redoute de le voir partir à la concurrence. En gros il a surfé sur son succès mais il n’y a rien derrière.

Ses proches ne sont pas dupes d’ailleurs. La femme qu’il aime l’a quitté  et son meilleur ami refuse de lui parler…

C’est dommage de voir ce qu’il est devenu car c’était plutôt quelqu’un de bien.

D’ailleurs j’ai beaucoup aimé Nicolas Duhamel. Le fait d’avoir grandi sans père, dont le corps n’a jamais été retrouvé, les questions sans réponse, l’espoir qu’il réapparaisse et puis finalement la révélation qu’il ressent presque comme une trahison le rendent touchant. Il est également touchant dans la découverte de ses origines, même si parfois un peu excessif dans ses réactions avec son entourage. J’ai particulièrement aimé lorsqu’il raconte son « pèlerinage » en Russie.

Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer Tatiana de Rosnay faisant le même voyage pour récupérer les papiers faisant foi de sa nationalité française puisque c’est cette anecdote qui est à l’origine de ce livre. (Cette loi me paraît totalement improbable, si elle ne l’avait vécue je n’y aurais pas cru).

De cette histoire Tatiana et Nicolas ont écrit chacun leur roman…

J’ai également beaucoup aimé le clin d’œil de l’auteur pour sa grand-mère dont elle a donné le nom «Koltchine » au père de son héros, et puis clin d’oeil aussi aux personnages de ses autres romans « Angèle » et « Rose », filles de Margaux, l’héroïne de Nicolas…

Un roman dans un roman, des histoires communes entre « les auteurs » et « leurs héros ». Les dangers du succès quand on prend la grosse tête, l’impact des réseaux sociaux, les secrets de famille…. Et toujours l’écriture de Tatiana de Rosnay que j’affectionne particulièrement.

Cependant, pas de coup de cœur cette fois, à cause de la fin que je n’ai pas aimée, ou plutôt, je n’ai pas compris pourquoi ce choix. Je ne peux pas vous dire pourquoi sans vous la dévoiler, mais j’ai eu l’impression qu’elle n’appartenait pas à l’histoire. Mais encore des personnages qui resteront dans mon esprit un bon moment.

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Rose – Tatiana de Rosnay

J’avais repere ce livre depuis sa sortie. Tatiana de Rosnay n’est pas une inconnue pour moi car j’ai lu Boomerang il y a peu de temps et je l’ai beaucoup apprecie.

Grace a Sandrine, Rose a voyage jusqu’a chez moi pendant mon sejour en France. Un grand merci a elle car j’ai fait une magnifique rencontre.

Editions Heloise d'Ormesson - 247 pages

Paris, sous le Second Empire. Des centaines de maisons sont rasées et des quartiers réduits en cendres. Alors que le vieux Paris s’effondre sous les ambitions du baron Haussmann, de nombreux Parisiens protestent sans parvenir à infléchir les ordres d’expropriation. Dans sa maison de la rue Childebert, à l’ombre de l’église Saint-Germain-des-Prés, Rose Bazelet mène une vie paisible, rythmée par la lecture du Petit Journal, les visites à Alexandrine, sa locataire et amie fleuriste du rez-de-chaussée, les soins de Germaine et Mariette ses domestiques dévouées. Jusqu’au jour où elle reçoit une lettre de la préfecture, la sentence tombe : le tracé du boulevard St Germain passe par chez elle, rue Childebert. Liée par une promesse faite à son défunt mari, Armand, Rose ne peut envisager de quitter la demeure familiale. Déterminée à résister jusqu’à son dernier souffle, elle confie à Armand, son amour disparu, son combat quotidien. De lettres en lettres, elle replonge dans son passé et dévoile peu à peu un secret qu’elle a gardé pendant plus de trente ans. Dans ce roman épistolaire, Tatiana de Rosnay nous entraîne au coeur d’un monde où les petits métiers, herboriste, relieur, chiffonnier fleurissaient, et dont il ne reste que les vestiges. Tandis qu’une page de l’Histoire se tourne, Rose devient le témoin d’une époque et raconte le traumatisme suscité par ces grands travaux d’embellissement. Entre introspection et rédemption, ces lettres rendent hommage au combat d’une femme seule contre tous. Dans cette ode à la capitale, les maisons regorgent de secrets et les murs sont imprégnés de souvenirs.

Quel plaisir ce livre, je l’ai adore, comme j’ai adore son personnage principal Rose que j’aurais vraiment voulu rencontrer. J’ai aime egalement le style epistolaire et a facon dont elle ecrit a son mari defunt nous permettant ainsi de decouvrir ses souvenirs, ses joies, ses peines et nous faire comprendre pourquoi elle ne veut  pas quitter sa maison.

Je connais bien ce quartier parisien et j’essayais d’imaginer comment cela pouvait etre avant. J’y suis parvenue grace a quelques photos et plans d’epoque, et surtout au talent de description de Tatiana de Rosnay. Elle a vraiment un don pour raconter des histoires et creer des personnages qui me touchent, que se soit dans ce roman ou bien dans Boomerang.

La base historique est tres interressante et moi qui adore la vie de quartier parisienne, j’ai pris conscience de ce qui a ete detruit pour assainir Paris et creer ces grandes avenues admirees dans le monde entier. C’est l’eternel « probleme » de l’expropriation : parfois necessaire , mais toujours cruelle.

Je vous remercie Tatiana d’avoir cree ce personnage, ma rencontre avec Rose restera tres longtemps dans ma memoire. J’ai d’ailleurs prevu de racheter le livre car j’ai du le laisser continuer son voyage vers d’autres lectrices, qui je l’espere, aimeront Rose autant que moi.

Boomerang – Tatiana de Rosnay

J’avais achete ce livre l’ete dernier sur les conseils de mon libraire. J’ai profite encore une fois du Challenge Litterature au Feminin pour le sortir de mes etageres.

Le Livre de Poche - 376 pages

Sa soeur était sur le point de lui révéler un secret… et c’est l’accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l’angoisse au ventre, alors qu’il attend qu’elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence : sa femme l’a quitté, ses ados lui échappent, son métier l’ennuie et son vieux père le tyrannise. Comment en est-il arrivé là ? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s’apprêtait-elle à lui faire ? Entre suspense, comédie et émotion, Boomerang brosse le portrait d’un homme bouleversant, qui nous fait rire et nous serre le coeur. 

Antoine decide de faire une surprise a sa soeur Melanie pour ses 40 ans en l’emmenant  a Noirmoutier, dans l’hotel ou ils passaient leurs vacances d’ete en famille lorsqu’ils etaient enfants, avant le terrible drame : la mort de leur mere Clarisse d’une rupture d’anevrisme, elle avait a peine la trentaine.

Sur le chemin du retour Melanie veut lui faire part d’un souvenir qui lui est revenu pendant la nuit concernant le dernier ete passé la bas. Une seconde d’inattention, elle perd le controle de la voiture.  Elle est tres touchee, Antoine s’en sort indemne mais terriblement choque.

Dans un hopital des environs de Nantes, Antoine fait le point : son pere dont l’attitude a totalement change depuis la mort de leur mere; sa belle-mere qui a efface toute trace de Clarisse dans l’appartement; sa femme partie avec un de leurs amis, ses enfants devenus ados et qui lui echappent, sa grand-mere qui garde le silence comme si elle voulait cacher quelque chose, et puis son travail qui ne l’enchante plus gere….

Durant la convalescence de Melanie, Antoine va enqueter et essayer de comprendre non seulement ce qui s’est passé mais aussi pourquoi sa famille semble avoir efface tout souvenir de Clarisse.

J’ai beaucoup aime ce roman. Cette recherché du passé, comprendre ce gachis…

J’ai eu un peu peur que Tatiana de Rosnay ne tombe dans la facilite et ce a plusieurs reprises en nous proposant des theories trop faciles. Mais non , elle decrit juste la vie. J’ai eu l’impression que tout etait credible, l’histoire tragique mais somme toute assez realiste de monsieur tout le monde qui a vecu le drame de perdre sa mere jeune , qui veut comprendre pourquoi et comment, la facon dont il a gere cela, la maniere dont  il s’est construit autour de ca et comment chaque membre de la famille a egalement gere comme il a pu cette terrible epreuve.

Encore un coup de coeur dans ce challenge 😉

Livre lu dans le cadre du Challenge  » Litterature au Feminin »