Le souffle des feuilles et des promesses – Sarah McCoy

 

 

Hallie Erminie Rives est née et a grandi dans la plantation de tabac familiale de Post Oak dans le Kentucky. Jeune femme brillante au fort caractère, elle décide de se lancer dans la littérature et écrit son premier roman. Elle se rend à New York pour trouver une maison d’édition et c’est au monument de renoncer qu’un éditeur emballé lui fait signer un contrat. Elle y rencontre également un jeune journaliste, Post Weeler avec qui le courant passe immédiatement : intelligent, féru de littérature, ce pourrait être le compagnon idéal s’il n’ait pas la mauvaise habitude de disparaître sans crier gare. Vies en chassé croisé de deux jeunes intellectuels du début du 20eme siècle, dans une Amérique qui garde encore quelques stigmates de la Guerre de Sécession.

 

J’avais lu et beaucoup apprécié le précédent roman de Sarah McCoy Un parfum d’encre et de liberté et c’est donc avec un très grand plaisir que je me suis plongée dans ce dernier. Cette fois, pas d’aller-retour entre le passé et l’époque contemporaine mais une biographie romancée de l’auteur Hallie Erminie Rives et du journaliste Post Wheeler. Honnêtement je ne connaissais pas du tout ces deux personnages mais il semblerait qu’ils aient marqué leur époque.

Hallie a grandi dans le Sud des Etats Unis. C’est un personnage au caractère bien affirmé qui se donne les moyens de réussir ce qu’elle entreprend. Soutenue par sa famille, elle se lance dans une carrière d’écrivain et fini par obtenir un certain succès. Sa rencontre avec le journaliste Post Wheeler, avec lequel elle s’entend à merveille mais qui manque quelque peu de stabilité, va a la fois la frustrer profondément mais également l’inspirer pour écrire.  Dans ce roman à deux voix (on alterne entre Hallie et Post) on découvre la vie plutôt romanesque bien que tout à fait réelle de ces deux personnages. Lui s’en va en Alaska, puis devient chercheur d’or avant de revenir à New York et dans le milieu de l’édition. Elle, voyage au gré de son inspiration et de ses recherches, écrivant plusieurs romans à succès dont les sujets firent beaucoup parler.

J’ai plutôt bien aimé ce roman avec lequel j’ai passé un bon moment, mais j’ai préféré le précédent. On reste tout de même dans le roman historique, genre que j’aime beaucoup, mais ici pas d’aller retour entre le présent et le passé comme je le disais plus haut, ni de parallèle entre des héroïnes de maintenant et jadis. On découvre le monde de l’édition de l’époque et comment déjà les médias pouvaient s’immiscer dans la vie privée des auteurs, interprétant à leur guise leurs faits et gestes. On découvre également comment un roman peut parfois échapper à son auteur.

J’ai particulièrement apprécié Hallie Erminie, son courage et sa détermination dans un milieu si masculin et misogyne qui n’est pas des plus simple. Elle se donne les moyens, c’est une femme vraiment très moderne pour son époque.

J’avoue que Post m’a un peu agacé par sa façon de ne jamais dire les choses. Une forme de pudeur sans doute mais quand on est face à un tempérament tel que celui d’Hallie, il ne faut pas hésiter à se botter un peu les fesses.

Sinon, encore une fois Sarah McCoy fait la part belle aux femmes. Que se soit son héroïne ou celles qu’elle côtoie. Certaines sont très modernes pour leur époque elles aussi. J’ai d’ailleurs particulièrement aimé Cora Potter ainsi que la mère de Post.

 

Voila, donc un roman qui se lit facilement, parfait si vous aimez les histoires qui s’inscrivent dans une époque, une biographie romancée parfaite pour l’été, sortie en avant première en France.

La vie enfuie de Martha K. – Angelique Barbérat

 

 

Une femme se réveille blessée et frigorifiée à l’arrière d’un camion à la frontière de l’Allemagne et de la Pologne, avec pour seul bagage un paquet de mouchoirs, un peigne et un bâton de rouge à lèvres …elle ne se souvient de rien, elle parle allemand… Ce n’est que 50 jours plus tard qu’on fait le rapprochement avec la disparition d’une femme en France. De retour chez elle, Martha, car tel est son prénom, a bien du mal à se mettre dans les pas de l’ancienne Martha. Bien qu’aillant toutes les preuves d’être bien cette femme. elle ne se reconnaît dans rien au grand désarroi de son mari. Enceinte et déjà maman d’un garçon de 10 ans, malgré quelques tensions, elle fait de son mieux au quotidien, espérant que son amnésie se dissipe…mais 3 ans plus tard c’est toujours le trou noir… jusqu’à ce qu’elle entende un nom à la radio…

 

 

J’avais plutôt bien aimé  » le moment précis où les destins s’entremêlent » que j’avais lu l’été dernier donc quand j’ai vu celui-ci je me suis dit que j’aimerais bien retourner dans l’univers de l’auteur. Je voulais quelque chose de facile à lire mais qui me ferait passer un bon moment

Nous rencontrons Martha alors qu’elle même ne sait plus qui elle est. Retrouvée à l’arrière d’un camion par deux routiers à la frontière de l’Allemagne et de la Pologne, elle est incapable de dire qui elle est ni d’où elle vient. Blessée, on la conduit en Allemagne car c’est en allemand qu’elle s’exprime instinctivement, parfaitement …

Ce n’est qu’une cinquantaine de jours plus tard que l’on comprends enfin qui elle est. Elle est française d’où la difficulté à l’identifier ; elle est mariée et maman d’un petit garçon de 10 ans. Et d’ailleurs elle est également enceinte. Elle retourne donc « chez elle », mais son amnésie est toujours aussi présente. Rien ne lui revient. On pourrait se demander si elle était bien Martha Klein, mais l’amour d’un petit garçon de 10 ans ne se fausse pas.

Il y a Martha « elle » et Martha « moi ». Ces deux femmes semblent si différentes l’une de l’autre que c’en est troublant. Pourtant son mari Philippe fait de son mieux mais c’est difficile pour la Martha d’aujourd’hui de le considérer comme son mari. Elle ne ressent pas ce qu’elle pense devoir ressentir envers lui. C’est un étranger. Et pour lui évidement il y a une grande frustration à ne pas retrouver celle qu’elle était.

Pendant trois ans elle fera le nécessaire, mais sa mémoire ne revient pas, pire elle lui joue encore des tours et Martha passe son temps à chercher ses clés ou autres objets dans la maison. Elle est suivie par une psychologue, elle relit le « dossier de sa vie », fréquente les gens qu’elle voyait avant : sa voisine Patricia, Lisa ancienne collègue de l’école où elle enseignait…elle tente de faire venir l’étincelle mais rien. A tel point qu’on se demande vraiment s’il n’y a pas une manipulation générale de tous les protagonistes de l’histoire et qu’elle n’est pas celle qu’on veut lui faire croire.

Et puis un soir elle entend un nom, et là, enfin le déclic…tout lui revient…et surtout elle comprend beaucoup de choses.

A ce moment là j’ai eu un peu l’impression de tomber dans le cliché, mais l’auteur a une faculté a vous emmener que vous ne lâchez pas le livre. Et puis finalement toute la vie de Martha avant l’accident se remet en place et évidemment on veut comprendre. Le dénouement de l’intrigue m’a surpris mais en y repensant finalement je ne suis pas vraiment étonnée, c’est bien amené.

Petit bémol pour la toute fin, autant j’adore quand un auteur prend le temps de replacer ses personnages quelques années plus tard afin que nous sachions ce qu’ils sont devenus, autant ici je n’ai pas été emballée par la façon dont elle était traitée…mais bon, c’est un détail.

 

Un roman bien fichu avec lequel j’ai passé un excellent moment et que j’ai eu du mal à poser pour faire autre chose ( heureusement mon P’tit loup était en vacances chez ses grands parents donc j’ai eu du temps à consacrer à la lecture). Essai transformé avec Angelique Barberat, dont je pense me procurer les deux précédents romans « Bertrand et Lola » et « Lola et l’apprentissage du bonheur » (à qui elle fait un clin d’oeil dans celui-ci) car j’aime décidément bien les univers qu’elle propose.

 

Catégorie Prénom

Catégorie Prénom

[Jeunesse/YA] Les Chevaliers d’Antares- T1 : Descente aux enfers – Anne Robillard

Du grand continent d’Alnilam dont les treize royaumes vivaient en paix, dans une grande sécurité et une grande cordialité, il ne reste que tristesse et désolation. Toute l’année durant, une armée terrifiante de guerrier mi-homme mi scorpion ravage les villages tuant tout le monde sur son passage. 4 armées de Chevaliers ont été créées pour les combattre mais malgré leurs efforts, l’ennemi semble toujours plus fort, ne leur laissant qu’un répit de 2 mois par an dont nul ne comprend la raison.

Sierra est la commandante des Chevaliers d’Antares et mène ses guerriers de main de maître mais cela n’est pas suffisant. Un jour un homme est découvert et arrêté par ses hommes. Wellan prétend être un chevalier lui aussi, et qu’il serait tombé dans un vortex depuis un monde parallèle…

 

 

Ma dernière (et première) lecture d’Anne Robillard « Le retour de l’oiseau tonnerre » ne m’avait pas convaincue. Mais ses sagas ont un tel succès que je ne voulais pas en rester là avec elle. Celle des Chevaliers d’Antares se présente comme la suite des Chevaliers d’Emeraude et des Héritiers d’Enkidiev, soit 24 tomes à elles deux et qui eu ont un succès phénoménal … C’était l’occasion rêvée de retenter le coup, surtout qu’il n’est pas nécessaire de les avoir lu pour profiter de celui ci (bon même si c’est sûrement un plus évidemment)

Ce qui me frappe d’emblée dans ce roman, c’est la place faite aux femmes. Les hommes ne sont pas pour autant diminués, on peut parler d’égalité ici. L’héroïne principale : Sierra, est la fille adoptive d’Audax, le précédent chef des chevaliers aujourd’hui disparu et n’a rien à lui envier. Plusieurs femmes font aussi partie du commandement. Wellan pourrait parfaitement s’échapper car il possède plusieurs pouvoirs propres aux Chevaliers d’Emeraude, mais il préfère rester en prison et gagner la confiance de Sierra. Ne sachant comment retourner dans son monde c’est sans doute la solution la plus sage pour espérer trouver une solution.

J’ai été surprise de découvrir que le monde de Chevaliers d’Antares était pourvu du confort moderne. Electricité, ascenseurs… ce qui surprend beaucoup Wellan qui vient lui d’un univers plus médiéval . J’ai eu d’ailleurs parfois un peu de mal à m’imaginer cet univers qui me semblait anachronique, c’était bizarre.

A peu près au milieu du récit, nous partons pour l’île de Gaellans, à l’autre bout d’Alnilam, où se cache des yeux des humains une colonie d’hommes oiseaux, des dieux ailés autrefois décimés par des sorciers. Ils vivent dans la peur entretenue par des légendes terrifiantes racontées par les pères à leurs enfants. Vivons cachés pour survivre et surtout il est formellement prohibé d’aller sur l’île interdite, porteuse d’un grand danger. Mais pour Kiev, jeune adolescent plein de fougue, trop de questions le turlupine et ce qu’il découvrira sera terrible… Au même moment un homme tombe du ciel….mais lui n’a pas d’aile.

J’ai eu l’impression ici de partir dans un autre univers : on trouve des dieux, des sorciers…. je ne comprenais pas bien le lien jusqu’à l’arrivée de l’étranger.

J’avoue que j’ai mis du temps à rentrer dans ce livre et que je ne voyais pas bien où on allait, mais maintenant que c’est terminé je vois que l’auteur a habilement posé les éléments pour la suite. Mais il faut suivre quand on n’est pas habitué à ce genre littéraire . Sans être un gros pavé, c’est un premier tome très riche en événements ainsi que par son univers . J’avoue qu’à ce jour je ne sais pas encore si je lirai la suite, me connaissant c’est probable, mais je sors de ma zone de confort, il faudra bien choisir mon moment de lecture.

Categorie Gros Mot

Categorie Lieu

[Jeunesse/YA] Blue – La couleur de mes secrets – Camille Pujol

 

 

Blue est une jeune fillet de 17 ans dont la famille vient de s’installer à Toulouse après un événement que l’on devine dramatique. . Alors qu’elle fait son entrée dans un nouveau lycée et qu’elle commence à se faire de nouveaux amis, elle reçoit une lettre anonyme…son passé la rattraperait elle ?

 

Ce roman me tentait pour plusieurs raisons : le jeune âge de l’auteur, le phénomène wattpad, le sujet…et malheureusement j’ai été déçue, je ne suis malheureusement pas la cible et trop de choses m’ont gêné . C’est assez frustrant car il y a vraiment un bon potentiel. Ce n’est pas un problème de qualité d’écriture. On sent bien que c’est un premier roman et que l’auteur est jeune mais ce n’est pas un défaut. Je pense d’ailleurs qu’il plaira beaucoup aux adolescents du même âge . L’histoire sans être vraiment originale est en elle même plutôt sympa traitant de sujets très actuels qui les intéressent . On y parle d’amitié, d’amour, mais également  de choses plus graves comme la drogue, les combats clandestins , et de « corbeau »..

Le roman est assez court, mais relativement intense. Par contre j’ai vraiment eu un problème de cohérence et ce à plusieurs reprises. Plusieurs choses m’ont dérangé .  Pour commencer, un détail. J’avais beau savoir qu’on était à Toulouse, j’avais l’impression d’être aux Etats-Unis en permanence, plus précisément dans une série américaine comme il en existe plusieurs dans le milieu scolaire, où les garçons entrent dans les chambre des filles par la fenêtre en pleine nuit et ou les parents acceptent que leur fille mineure parte en week-end avec son tout nouveau petit ami (en oubliant un peu vite à mon goût les événements des derniers mois…) . Je n’arrivais pas à me défaire de ça et malgré des descriptions sur l’environnement, ce sont toujours des images d’Outre-Atlantique qui me venaient en tête. Peut être parce que beaucoup de personnages ont des noms à consonances anglo-saxonnes (pas seulement leurs prénoms) …bref bizarre.

Ensuite, Blue est plutôt un personnage agréable, mais trop d’incohérences l’entourent . Alors certe je n’ai pas vécu ce qu’elle a vécu, mais il me semblait quand même que ce genre de drame vous fait grandir plus vite, or là je la trouve parfois vraiment trop insouciante , immature, naïve . Et plusieurs choses dans son comportement sont là encore incohérentes, contradictoires… Et puis avoir des cheveux bleus, il y a quand même plus discret quand on veut se fondre dans la masse. Concernant les parents, je les trouve un peu (trop) absents après ce qui est arrivé à leur fille, mais bon, sans doute mon oeil de maman surprotectrice. Et il me semble également très étrange que le père puisse reprendre son travail. Ne sont ils pas censés changer totalement de vie ? Mais bon ça encore…

Malgré tout ça, je me suis dit que c’était quand même pas mal ficelé et que les défauts venait d’un manque d’expérience de l’auteur (et là rien de péjoratif, juste un fait), quelques éléments sont un peu tirés par les cheveux mais rien de bien grave.  Et puis arrive la fin. Pas mal du tout l’idée de la fin, on l’a pas vu venir comme ça celle là :  pour cause : c’est carrément improbable !!! impossible !!! et pour moi ça fiche par terre tout le roman. Et là je le referme en me disant : « mais enfin pourquoi  ??????  » Quel dommage.

Un roman plutôt sympa donc qui plaira certainement beaucoup aux adolescents comme je le disais plus haut, à condition de ne pas être trop regardant sur la crédibilité de certains faits. Un premier essai à transformer .

challenge-petit-bac-2017

Categorie Couleur

 

[Jeunesse] Au pays de l’Ailleurs – Tahereh Mafi

 

Alice est une petite fille de 12 ans qui a la particularité d’être incolore alors qu’elle vit dans une ville où ces dernières foisonnent. Son père a disparu il y a plus de trois ans et c’est donc avec un mélange de curiosité mais également de doute qu’elle accepte de partir à sa recherche avec son ennemi de toujours Oliver. Ce dernier sait où il se trouve mais l’aventure est périlleuse car il faut se rendre au Pays de l’Ailleurs… Ce pays ou rien n’est comme il y parait, remplie de règles très précises et où on peut se retrouver bloqué à tout jamais au moindre faux pas….

 

 

J’avais beaucoup entendu parler de Tahereh Mafi avec sa saga Insaisissable ( toujours dans ma PAL V.O au passage…) et j’ai été curieuse de découvrir celui ci car il me paraissait totalement différent…. J’ai attendu quelques temps pour le chroniquer afin de le « digérer » un peu car quand je l’ai fermé j’étais incapable de dire si j’avais aimé ou non… Bon point quand même, je l’ai terminé. Oui, car désormais je ne me force plus à finir un livre. Soit je le repose définitivement, soit je le replace dans ma PAL pour un nouvel essai dans quelques mois si je me rends compte que c’est juste un problème de mauvais timing. J’ai en effet trop de choses en attente pour perdre du temps sur un livre qui ne m’enchante pas.

Donc à la dernière page, j’étais un peu sur la réserve, mais le personnage d’Alice m’a plu. Un petit truc que je ne saurais vraiment définir mais voilà. Par contre appeler son personnage principal Alice, la faire évoluer dans un monde imaginaire, courir après un animal mystérieux…. impossible de ne pas penser à Alice aux Pays des Merveilles. Là franchement le pari était vraiment osé, on frise le crime de lèse-majesté… J’ai donc essayé de faire abstraction pour ne retenir que le positif .

C’est donc l’histoire d’une petite fille qui est toujours passée inaperçue car elle est incolore dans un monde au contraire très coloré. Son père a disparu et la vie à la maison est devenue très compliquée. Alors qu’elle se prépare à fêter son 12eme anniversaire et à faire sa « Présentation » (où elle doit montrer un don et comment elle l’utilise afin de se voir remettre une mission), son ancien ennemi juré Oliver vient la voir et lui dévoile qu’il sait où se trouve son père. Il a besoin d’elle pour le retrouver… S’en suit une virée fantastique au Pays de l’Ailleurs, peuplé de personnages étranges et parfois même dangereux .

 

C’est un conte adressé à mon avis à un jeune lectorat. Alice est à la recherche de son père qui était le seul à lui porter de l’intérêt, mais quelque part, d’elle même aussi. Les univers sont un peu étranges, et j’ai l’impression d’être passée à côté de quelque chose. Evidemment il y a une sorte de morale à la fin, comme souvent dans les contes.

Voilà, mon avis est très mitigé, mes yeux d’adulte peut être. Avec le recul je dirais que c’était pas mal mais je serais curieuse d’avoir l’avis d’un jeune lecteur qui pourrait plonger dedans sans a priori.

 

[Jeunesse/YA] Le détour – S.A. Bodeen

 

 

Livvy Flynn est déjà à 17 ans un auteur à succès. Sa trilogie sur les sorcières fait partie des meilleures ventes des derniers mois, l’entraînant dans un tourbillon de dédicaces, interviews et ateliers d’écritures qu’elle tient absolument à honorer. C’est en se rendant à un de ces stages qu’elle se perd et que surprise par un élément inattendu, elle perd le contrôle de sa voiture. A son réveil, elle se rend compte que les personne qui l’ont secouru, loin d’avoir appelé les secours comme ils le prétendent, la retiennent en fait prisonnière…

 

 

J’étais à la fois très curieuse de lire ce roman, mais également un peu sur la réserve de part son sujet qui ressemble quand même d’assez près à Misery de Stephen King… or la comparaison peut desservir, on parle quand même d’un monument !

Mais finalement ça a été, on est plutôt dans l’hommage et j’ai plutôt bien apprécié ma lecture.

Dans les toutes premières pages, j’avoue que je me suis prise à détester Livvy que je trouvais superficielle et imbue de sa personne. Mais c’était sans connaître son passé, son histoire que nous découvrons au cours d’une sorte d’introspection pendant sa séquestration et qui explique beaucoup de choses, adoucissant mon  jugement.  Les deux femmes lui en veulent…énormément, veulent qu’elle s’excuse ; mais Livvy ne sait pas pourquoi et la santé mentale de la petite lui fait craindre le pire. Elle a l’air folle à lier. Livvy repense à tous les livres ou films qu’elle a pu voir afin de tenter de s’échapper sans commettre les erreurs des protagonistes… pas si facile.

Il y a un vrai suspense et l’intrigue est plutôt bien menée . Le dénouement ne m’a pas totalement surprise, mais je dois quand même dire que j’ai quelque fois douté de mes impressions.

Donc après un début mitigé,  je me suis prise à bien apprécier Livvy. Comment ne pas ressentir d’empathie pour cette jeune fille qui est finalement terriblement seule. Cependant, l’épilogue me laisse un peu dubitative…bonne fois ou non, ma première impression était elle finalement la bonne ou étais-je complètement à côté de la plaque ? A vous de vous faire votre propre avis.

J’ajouterais également que j’ai rarement eu l’occasion de lire des thrillers Young adults, et que celui là est plutôt pas mal fait du tout. Je le recommande aux jeunes lecteurs qui voudraient s’essayer au genre sans entrer dans le trop sanglant ou trop psychologique.

 

 

 

 

[Jeunesse] La ligue des enfants ordinaires – Gitty Daneshvari

 

 

Shelley et Jonathan sont deux enfants normaux . Tellement normaux qu’ils disparaissent presque littéralement aux yeux des autres. On oublie qu’ils sont là, on oublie jusqu’à leurs prénoms…bref ils sont totalement insignifiants. Et c’est exactement ce qui va être à l’origine de leur recrutement dans La ligue des enfants ordinaires : rien de tel que ce duo pour retrouver le vice-président des Etats-Unis qui vient d’être kidnappé !

 

 

Ordinaire. Normal . Moyen . Banal . Voilà ce qui caractérise Shelley et Jonathan,  à tel point qu’on ne se souvient jamais d’eux. Si Jonathan semble prendre ça avec philosophie, Shelley elle fait tout pour se faire remarquer. Mais habituée à ce qu’on l’ignore, elle ne sait plus toujours faire la différence entre ce qu’elle pense et ce qu’elle dit…entraînant quelques situations cocasses pour le lecteur.

Un jour, cette épouvantable tare va se transformer en don. Enfin, don pour les chefs de la Ligue des Enfants Ordinaires . Quelle chance de pouvoir compter parmi ses rangs ces deux enfants que personne de remarque jamais… On leur demande de sauver le vice-président des Etats-Unis qui s’est fait enlever et de récupérer des documents sensibles volés au même moment. Le revers de la médaille est que n’ayant rien demandé, n’y mettent pas forcément de la bonne volonté, et surtout ils  manquent cruellement  d’entraînement… Bref ils se lancent dans l’aventure et ça donne des situations assez drôles.

 

J’ai passé un bon moment avec ce petit roman. L’intrigue est assez simple et prévisible, il est clairement destiné à un public jeune ( 8-10 ans je dirais) mais cela fonctionne bien. Un peu d’espionnage, un peu d’humour, et puis surtout le fait que ce sont justement des enfants ordinaires qui sont capables de grandes choses, voila des ingrédients qui plairont très certainement à ce jeune public . Il est truffé d’illustrations plutôt sympa et chaque chapitre débute par une citation d’un enfant ordinaire, plutôt amusante. Il va droit sur la future PAL de mon P’tit Loup.