La couleur du lait – Nell Leyshon

10-18 - 192 pages

10-18 – 192 pages

 

Mary a 15 ans et en cette année 1831, elle est envoyée par son père, un homme violent et peu compréhensif, chez le Pasteur Graham afin d’y gagner un peu d’argent en tenant compagnie à sa femme. Elle quitte à regret la ferme familiale et surtout son grand-père adoré et s’installe donc à quelques kilomètres de là. Les premiers temps sont difficiles, elle n’oublie pas de dire qu’elle est là contre son gré. Mais la douceur de Madame Graham et l’empathie qu’elle suscite lui permet de tenir. Le pasteur se prend d’affection pour elle également et lui propose de lui apprendre à lire et à écrire… c’est donc Mary qui nous raconte ici son histoire.

 

 

Mary est la petite dernière de la famille, 4ème enfant, 4ème fille : ses cheveux sont « couleur de lait » et elle souffre d’un handicap à la jambe. Ses parents ne sont pas très fortunés et  n’ont jamais envoyés leurs filles à l’école, ayant trop besoin de la main d’oeuvre qu’elles apportent. Mary étant légèrement moins productive que ses soeurs selon son père, il accepte la proposition bien opportune du pasteur Graham qui cherche une personne pour tenir compagnie à sa femme souffrante. Mary se retrouve donc dans la confortable maison du couple, bien qu’elle aurait largement préféré rester chez elle auprès de son grand-père, seule personne avec laquelle elle peut vraiment discuter, mais également seule personne qui semble lui porter ouvertement de l’affection.

Les premiers jours sont difficiles pour Mary. Elle doit s’habituer aux habitudes de la maison. Sa relation avec Edna, déjà au service de Graham depuis longtemps, met un peu de temps à se construire. Elle ne voit pas forcément d’un bon oeil l’arrivée de la nouvelle.  Les jours passent et Mary se fait à son destin, les relations avec Edna s’apaisent. La famille Graham est plutôt bienveillante dans l’ensemble, seul le fils lui déplaît . Trop égoïste et immature. Mais surtout, le pasteur lui apprend à lire et écrire…une révélation.

Un triste événement va remettre en cause ce fragile équilibre et la vie de Mary change du tout au tout. Mais elle veut continuer à s’instruire…qu’est elle prête à accepter pour y parvenir?

 

Le livre se déroule sur une année, les parties se découpent en saisons et nous suivons Mary d’un printemps à l’autre. Le style est très particulier car c’est véritablement Mary qui écrit. Pas de majuscules, ponctuation fantaisiste, retranscriptions littérales de dialogues…on mesure ainsi véritablement l’énorme travail d’apprentissage pour celle qui partait de rien et a réussi en quelques mois, même semaines, à produire son récit. Il faut dire qu’il était sans doute important pour elle, vital même je dirais, qu’elle laisse ce témoignage. Et même si ce style est vraiment déroutant au début, il permet de se mettre dans la tête de Mary, véritablement. Ses sentiments et ressentis sont véritables, elle ne triche pas. Elle commence par une promesse qu’elle fait au lecteur…promesse qu’elle tiendra coûte que coûte.

 

J’ai plutôt bien aimé ce roman, très original par son style, mais très prenant. Le personnage de Mary était très « présent » pendant ma lecture, sa voix résonnait dans ma tête comme si elle était là et me racontait son histoire. Un très bon moment de lecture.

 

Zona Frigida – Anne B. Ragde

10-18 - 356 pages

10-18 – 356 pages

 

Béa, 35 ans, est une célibataire portée sur la cigarette et l’alcool, et caricaturiste plutôt douée. Toujours fauchée, elle vit dans l’instant, refuse de s’engager et de penser à plus tard. Elle se prépare à partir en vacances, une croisière au Spitzberg autrement appelée Zona Frigida : en un mot la banquise ! Tout un programme. En quête de quelque chose qui nous échappe, la tension monte dans ce huis-clos glacial où chaque participant semble cacher quelque chose.

 

J’avais découvert Anne B.Ragde avec sa trilogie des Neshov. Romans très particuliers que j’avais adoré. Depuis j’hésitais à lire ses autres romans, mais on m’ a récemment conseillé celui-ci donc je me suis lancée. Et j’ai été plutôt contente en me rendant compte qu’un fois encore l’auteur parvient à m’emmener totalement dans son univers et que j’aime toujours autant sa plume.

Lorsque Béa nous présente ses futures vacances, on a de quoi être sceptique quant à ses motivations, puisque visiblement ce qui lui importe le plus est de pouvoir s’y saouler sans modération….Oui car Béa boit, énormément. Impossible pour elle de se coucher sans s’assommer d’alcool. On comprend vite qu’elle tente d’oublier un souvenir très douloureux. Mais cela ne l’empêche pas de travailler, très bien même. Caricaturiste de talent, elle a très régulièrement du travail ce qui lui permet de vivre décemment, bien qu’elle claque son argent comme si demain était le dernier jour. Peu d’ami, des amants auxquels elle ne s’attache jamais et un oiseau  nommé « Andersen » qui est au centre de sa vie, font de ce personnage une personnalité atypique. Mais le Spiztberg…, vraiment ??

Sur le bateau, tous les passagers et membres d’équipages  sont assez particuliers. Très vite on se demande s’ils sont tous là par hasard et ce que cache en réalité ce voyage. J’ai donc imaginé évidemment plusieurs scénarios mais c’est sans compter sur l’effet de surprise ! Bizarrement ce que j’aurais pu prendre pour le dénouement se passe en fait au milieu de roman… et bien peu importe, malgré la fin du suspense ( enfin d’une partie du suspense en fait), impossible de le lâcher car l’histoire est loin d’être terminée, elle.

Parallèlement on se retrouve magnifiquement plongé au coeur des fjords, au milieu des phoques et des ours polaires grâce à la plume d’Anne B. Ragde

Bref un roman atypique dans les grands froids norvégiens ou se mêlent huis-clos, trahison, vengeance, mort, animaux sauvages et environnement… Si vous aimez la littérature scandinave ou si vous souhaitez la découvrir, laissez vous tenter !

La bonte : Mode d’emploi – Nick Hornby

Nouvelle lecture pour le Challenge Nick Hornby de Sofynet et God save the livre d’Antoni.  J’ai choisi celui ci car pour une fois le heros n’est pas un homme, voyons voir.

10-18 – 282 pages

Kate, la quarantaine, vit en banlieue londonienne avec son mari David et ses enfants. Elle est medecin dans un dispensaire et subvient aux besoins de la famille pendant que David ecrit des chroniques pour le journal local. Connu sous le nom de « l’homme le plus en colere » de leur ville, il est grincheux, negligeant et prend un malin plaisir a tout critiquer.

Lors d’un colloque, Kate lasse de sa routine quotidiennne et de l’attitude de son mari qui la delaisse, passe la nuit avec un collegue. Le lendemain, lors d’un banal coup de fil au sujet concernant d’un mot a faire pour l’ecole de leur fille, et une enieme prise de bec, elle annonce a David son desir de divorcer.

De retour a la maison, pas de scene, David agit comme d’habitude, il ne semble pas l’avoir prise au serieux . Deux semaines plus tard, David va consulter suite a un mal de dos et c’est un homme tout gentil, attentif et positif qui rentre a la maison. Il est alle voir une sorte de magnetiseur du nom de D.J Goodnews (tout un programme) et toute sa colere semble s’etre envolee avec la douleur… Mais ce nouveau David est t’il mieux que l’ancien ? Finalement Kate en viendrait presque a regretter la mauvaise humeur congenital de l’ancien David, surtout quand il se met a vouloir aider tout le monde : en accueillant chez eux Goodnews, sorte de baba cool qui aurait abuse du LSD, puis en donnant petit a petit les jouets des enfants, ordinateurs et autres objets qu’il estime non necessaires et qui pourraient aider des gens dans le besoin, et aussi en voulant entrainer tous ses voisins dans l’accueil de SDF.

Bref le nouveau David , tellement a l’oppose de l’ancien commence a serieusement porter sur les nerfs de Kate.

J’ai plutot bien aime ce livre car on y retrouve bien le style de Nick Hornby, et que c’est drole et caustique, mais honnetement il ne m’a pas autant enthousiasme que les autres. Prefererais-je ses loosers habituels ??? J’ai meme eu un peu de mal a un moment, c’etait un peu trop. Mais j’ai bien aime Kate, certaines de ses reflexions m’ont fait rire., mais a sa place j’aurais mis le haut-la tres vite.  J’ai prefere le personnage de Tom, son fils, qui est assez conscient de ce qu’il se passe autour de lui . Mais je n’ai pas retrouve le « truc » qui me plait d’habitude dans les heros masculins de Nick Hornby.

 

 

La lamentation du prepuce – Shalom Auslander

Voici un livre du Club de lecture que j’avais tres envie de lire car il y connait un vrai succes. J’etais quand meme un peu sur mes reserves car parfois, ce genre de livre m’agace profondement. 

10-18 – 305 pages

Shalom est un future papa de 35 ans qui a tout pour etre heureux. Oui mais  Shalom vit dans un perpetuel pessimisme, une crainte permanente de la colere de Dieu, un vrai parano . Il faut dire qu’il a ete eleve dans un milieu juif orthodoxe extrement strict, ou l’on respectait scrupuleusement toutes les regles. Mais ces regles, sans les comprendre, Shalom les interprete a sa maniere et ca l’emmene dans des reflexions totalement tordues et tres loufoques. Enfin pour le lecteur, parce que pour lui c’est l’horreur.

Ayant appris qu’avant 13 ans tous les peches d’un fils retombe sur son pere, et vu qu’il deteste le sien, il se met a faire des tas de choses interdites par la religion : deux trois petits ecarts pour commencer, puis evidement il va de plus en plus loin. Il fait des pactes avec Dieu mais ca ne marche pas, il le provoque : toujours rien, oui mais si jamais Il se mettait vraiment en colere  ….

Aujourd’hui adulte, Shalom vit dans la crainte qu’il arrive un malheur au bebe, ou a la maman, ou au bebe ET a la maman. Il oscille en  permanence entre la provocation et la peur . Et quand il apprend que son bebe est un garcon, alors qu’il a enfin reussi a mettre sa famille a l’ecart, voila qu’elle s’immisce a nouveau et que la question de la circoncision apparait. Bien sur chacun y va de son commentaire.

Je ne connais vraiment que tres peu la religion juive, donc je n’ai sans doute pas pu apprecier ce recit a sa juste valeur, mais qu’est-ce-que j’ai ri !!!!  Je le voyais tres bien entre ses phases de provocation et ses phases de parano. Une minute c’est le grand rebelle et la seconde d’apres il se repend… Ce qui est clair, c’est que ce qu’il a vecu enfant se repercute de facon demesuree dans sa vie d’adulte. Comme le dit sa femme a plusieurs reprises : “ ils t’ont vraiment nique la tete, toi…”

Categorie Partie du Corps

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