[Jeunesse] – Balefire T1 : Le calice du vent – Cate Tiernan

Alors que son père vient de mourir de façon brutale, Thaïs , 17 ans, se retrouve confiée à une tutrice quelque peu particulière qu’elle n’a jamais vu et se voit contrainte de tout quitter pour aller vivre à la Nouvelle-Orléans.

Elle découvre alors dans le lycée qu’elle fréquence, une jeune fille, Clio, qui lui ressemble trait pour trait. La Grand-Mère de cette dernière pratique la magie, Clio le sait et possède elle même quelques pouvoirs. Elle lui avoue que les filles sont jumelles et qu’elles ont été séparées à la naissance car ensemble elles possèdent un pouvoir extrêmement puissant. Thaïs ignore tout de cela, comme l’ignorait apparemment son père.

Premier tome de la nouvelle saga de Cate Tiernan, j’ai passé un agréable moment à le lire, mais sans plus. J’ai aimé l’atmosphère de la Nouvelle-Orléans, l’ambiance de la ville et le mélange de magie et vaudou qui y règnent. J’avais l’impression d’y être. Par contre j’ai eu un peu de mal avec les filles. Bien que très sympas, elles sont un peu trop à l’opposé l’une de l’autre, de façon un peu trop caricaturale à mon goût:

Thaïs : jeune oie blanche ne connaissant rien de ses pouvoirs

Clio : ne s’intéresse qu’aux garçons, adore faire la fête et use et abuse de la magie.

L’histoire est racontée en alternance par les deux filles, ce qui est pas mal pour avoir les deux points de vue. Mais j’ai trouvé le récit un peu téléphoné. Il y a un peu trop de coïncidences et pas beaucoup d’action (effet premier tome ??)

Bref, un tome de présentation des faits et des personnages comme souvent dans ce genre de série. J’avoue ne pas savoir encore si je lirais la suite. Je vais attendre de voir le synopsis ou même quelques premiers avis.

Challenge Jeunesse :YA -2

 Catégorie objet - jeunesse

Catégorie gros mot – ligne jeunesse

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Brioche – Caroline Vié

Voila un livre dont j’ai énormément entendu parler et que j’avais très envie de lire. Malheureusement le charme n’a pas agi ….et je n’arrive même pas à faire un résumé correct alors je préfère vous redonner la présentation de l’éditeur .

JC Lattes – 250 pages

« Il paraît que tu n’es pas très beau. Tout le monde me le dit et c’est sans doute un fait. Je le vois. Je le sais. Tu transpires un peu. Et j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi mal fagoté. Quand tu marches, tu te dandines. Tes jambes sont arquées. Ta silhouette est un peu voûtée comme si ta tête était trop grosse, trop lourde pour le reste de ton corps. Tu as largement dix kilos de trop. J’ai bien vu tout ça. Mieux que personne. Mais j’aime chacun de tes défauts. Comme je suis seule à les chérir, tes faiblesses n’appartiennent qu’à moi.
 Et puis, un jour, j’ai appris que tu étais marié. C’est là que j’aurais dû poser les armes, mais je ne l’ai pas fait parce qu’on ne change pas les rayures d’un zèbre. »

Elle croise à longueur de journée des stars de cinéma, enchaîne les voyages exotiques, est mariée à un homme formidable qui lui a donné un petit garçon modèle. Bien sûr, elle s’ennuie. 
Jusqu’au jour où elle le rencontre, au hasard d’une interview. Avant lui, elle ne savait rien de l’amour. 
On ne soupçonne jamais les folies qui sommeillent en nous.

Bon, comme je le laisse entendre en introduction, je dois dire que j’ai plutôt été déçue par ce roman car je n’y ai pas retrouvé ce que j’avais lu dans les critiques et qui m’avait donne envie de le lire : l’humour, le caustique.

Je n’ai pas trouvé ça drôle, mais plutôt pathétique. C’est le problème avec cet exercice, on n’est pas forcement sensible au même humour que son voisin. Ce n’est pas tant un problème d’écriture, mais plutôt un problème de ressenti.

La narratrice s’ennuie et je me suis ennuyée avec elle, rien ne lui procure de bonheur. Sociopathe, elle fait semblant de tout : d’aimer son mari et son fils,  de faire correctement son travail. Elle “joue”  la femme parfaite.

Quand elle rencontre (…) lors d’une interview, un acteur très connu au physique moyen et qu’elle surnomme “Brioche”, elle bascule progressivement, totalement.

Heureusement que l’auteur, elle même critique de cinéma, ajoute un peu de son vécu pour nous montrer l’envers du décors : attachées de presses hystériques, stars divas , hôtels de luxe payés aux journalistes contre 7 minutes 32 d’interview….ça a apporté un peu d’air à ma lecture et évité que je ne lâche définitivement ce roman.

J’ai eu un mal fou à avancer dans l’histoire et j’aurais certainement abandonné s’il avait eu plus de 250 pages.

La liste de mes envies – Grégoire Delacourt

J’ai tourné autour de ce livre tout l’été. Je le prends,  je le repose, et puis finalement je l’ai laissé. Donc quand il a été proposé au club de lecture, j’ai sauté (le mot est faible) sur l’occasion !

JC Lattès – 186 pages

Jocelyne Guerbette (Jo) vit à Arras et tient la petite mercerie dans laquelle elle avait commencé à travailler et qu’elle a racheté au décès de sa propriétaire. La concurrence est rude avec les grandes enseignes mais elle aime son ambiance et tue le temps en tricotant ou en alimentant son blog consacré aux travaux d’aiguilles et qui a un vrai succès. De ses propres mots, elle n’est pas très belle, un peu trop ronde. Elle a toujours été un peu à l’écart de ce fait, mais ça ne l’a pas empêché de se marier avec Jocelyn et d’avoir eu deux enfants maintenant grands, Nadine et Romain, et un petit ange Nadège, décédée à la naissance mais qui a toujours une grande place dans sa vie. Elle aime son mari et il l’aime aussi à sa manière. A coté de sa mercerie se trouve le salon de coiffure de ses amies Danièle et Françoise, jumelles inséparables qui rêvent de trouver un fiancé et de gagner au loto. Un jour où les filles remplissent leur nième grille, Jo se laisse tenter…et gagne 18 millions…

 

Ce livre n’est pas très gros, mais il a agi sur moi comme un doudou, il m’a fait du bien malgré un sujet qui ne s’y prête pas forcément. Je l’ai dévoré en moins de deux heures. La vie de Jo est toute simple, mais elle ne l’a pas épargnée.  Elle aime son quotidien et sa famille même si tout n’est pas parfait. C’est une femme gentille et bonne. Elle vit beaucoup sur ses souvenirs : sa vie de jeune fille, puis de jeune femme mariée, sa mère, ses enfants, son père.  Elle est très lucide sur son mari, qui l’aime certainement à sa façon, mais qui n’a pas toujours été tendre avec elle, notamment lors de la perte de la petite Nadège. Et elle, sa douleur, son deuil, n’y avait t’elle pas droit ?

Je l’ai trouvée exemplaire avec son père. Amnésique, il vit par boucles de 6 minutes. Au delà, le cerveau rembobine et il ne se souvient plus de ce qu’il vient de vivre. Elle va le voir très souvent, lui raconte sa vie, et toutes les 6 minutes elle se prend dans la figure cette terrible phrase : « Qui êtes vous ?  » J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la façon dont à la fin du roman, elle lui invente mille vies. Il est heureux pendant 6 minutes, elle recommence, ça lui apporte finalement un peu de bonheur à elle aussi.

Ce qui m’a marqué, c’est le discours de la psychologue de la Française des Jeux. Je ne vous cache pas que si je gagne 18 millions, ils iront vite fait sur mon compte 😉 Mais son avertissement est intéressant : gagner c’est un bénédiction mais c’est aussi une malédiction. Tout son speech sur ce qui risque d’arriver, la folie des grandeurs, les sollicitations de la famille, des étrangers…ça peut être violent finalement. Et Jo est très lucide, elle sait ce qu’il adviendra si elle le dit. Je pense qu’elle voudrait sans doute garder le secret ET faire plaisir à ses proches, mais comment justifier cet argent alors que sa mercerie ne marche pas vraiment ?

Et puis je ne peux pas ne pas mentionner son blog : « dix doigts d’or » et son succès. Elle ne s’en rend pas compte mais il est très populaire et apporte beaucoup à ses lectrices. On connaît toutes un blog comme ça, qu’on aime suivre parce qu’il nous fait du bien. Le clin d’oeil des messages à la fin du livre m’a beaucoup plu.

Pour conclure, Jocelyne est un personnage que j’ai vraiment bien aimé. Même si j’avais parfois envie de la bousculer un peu. J’ai aimé ses listes : besoins, envies, folies…Ce roman n’est pas un coup de coeur, mais il fait partie de ceux qui resteront dans ma tête et que je recommanderais pour ce personnage. Un très agréable moment de lecture donc, mais un peu court. J’aurais bien aimé rester un peu plus longtemps avec Jo.

L’Art du Jeu – Chad Harbach

J’avais très envie de lire ce livre depuis longtemps. Je l’avais vu à Dubai en anglais, mais je le sentais un peu trop complexe pour le tenter. Heureusement il est sorti en France avant l’été et j’ai eu la chance de pouvoir le lire pendant mes vacances.

Lors d’un match de Baseball à l’extérieur, Mark Schwartz repère Henry Skrimshander et fera tout pour le faire venir à Westish College (collège pour garçons situé dans le Wisconsin)  où il est lui même étudiant, et l’intégrer dans l’équipe.

Il devient son coach personnel, s’investit totalement et exclusivement auprès d’Henry. Apres un entraînement rigoureux et intensif, ce dernier devient un élément indispensable de l’équipe qui se met à gagner ses matchs. Il ne fait jamais de faute, deviens vite la coqueluche du College, et attire l’attention des recruteurs.

Jusqu’au jour où il rate complètement un tir facile qui va s’écraser contre le visage de son coéquipier Owen.

Incompréhension, doute, dépression, il remet tout en question.

Owen est également le camarade de chambre d’Henry . Homosexuel assumé, il débute une liaison avec le directeur du College :  Gurt Affenlight . Relation pour laquelle Gurt risque tres gros et notamment de mettre danger la fin de sa carriere.

Dernier personnage important : Pella . Fille de Gurt, elle avait quittée son Université quelques années plus tôt pour s’enfuir avec son professeur et revient à Westish pour fuir un mariage raté.

4 personnages dont les vies sont indéniablement imbriquées .

Chad Harbach a mis 10 ans à écrire ce roman que j’ai vraiment beaucoup aimé. J’aime assez les histoires se passant dans les collèges ou universités americaines. J’ai trouvé les personnages intéressants et plutôt complexes. Henry emmène finalement tout le monde dans sa chute. Mike, réaliste sur son absence d’avenir dans le baseball, a surement trop d’ambition pour Henry, plus que ce dernier en tous cas. Bilan il se retrouve sans rien quand Henry arrête de jouer. Peu brillant dans ses études, il semble ne pas vouloir quitter Westish où il a une véritable place.

Gurt Affenlight est un directeur, fan d’Herman Melville  dont on dit qu’il serait passé à Westish, a gagné sa place en publiant un livre sur l’auteur qui a eu un peu de succès. Veuf, entretenant une relation compliquée avec sa fille depuis qu’elle a épousé son  ancien prof, il débute une liaison avec Owen, mais on se rend vite compte que c’est vraiment la personnalité du jeune homme qui lui plaît. Il n’aurait probablement jamais eu de relation avec un autre homme que lui.

Pella débarque dans ce collège avec le désir de reprendre ses études et sa vie en main. Sa présence cause évidemment quelques tensions au sein du collège. C’est une jeune fille que j’ai bien aimé, réaliste sur ses erreurs passées, désireuse de renouer avec son père finalement, même si ce n’est pas évident face à la maladresse de celui ci. Son personnage permet d’avoir un oeil « exterieur’ sur le collège.

Et puis  Henry, qui finalement n’avait rien demandé, a été dépassé par sa propre réussite. Le tir raté prend des proportions assez exagérées à mon avis. Il ne se bat pas, il doute et  lâche tout. C’est assez décevant, mais finalement si prévisible.

J’ai eu un peu peur au début de ma lecture car je ne connais vraiment rien au baseball et il y a quand même beaucoup de descriptions d’échauffements et de matchs. Autant me parler chinois. Cependant le style est fluide et je suis immédiatement entrée dans l’histoire, j’ai même eu du mal à reposer le livre une fois terminé. Il m’a accompagné un moment avant de pouvoir écrire cette chronique ; c’est un livre et des personnages qui me laisseront une trace.

Une belle réussite qui vient de recevoir le prix Pages des libraires – America. J’espère ne pas avoir à attendre 10 ans pour lire le prochain roman de Chad Harbach

Categorie Sport/Loisir

Citrus County – John Brandon

Citrus County est une petite ville de Floride qui n’a rien d’attrayant. Elle est isolée, entourée de marécages. Il y fait chaud, humide, mais on est loin des plages de rêve de Miami. Bref une ville de province qui ne donne pas envie de s’y attarder.

C’est là qu’enseigne Mr.Hibma, un prof de géographie qui a du recevoir son diplôme dans une pochette surprise et qui s’étonne de réussir à flouer ses collègues sur ses capacités. Il n’apprécie pas plus que ça ses élèves et ses collègues, il planifie même de tuer celle qui l’agace le plus, sorte de caricature de la prof parfaite.

Toby est un de ses élèves. Ses parents sont morts et il vit dans la forêt avec son oncle, un homme peu concerné par son éducation et qui passe ses journées à distiller de la ciguë. Toby est un adolescent mal dans sa peau, un peu délinquant, il se cherche et a quelques idées sordides.

Shelby est dans la classe de Toby. Elle vient d’arriver à Citrus County avec son père et se petite soeur après le décès de sa mère. La personnalité de Toby l’attire beaucoup, son cote mauvais garçon sans doute. Comment pourrait elle imaginer qu’il projette d’enlever sa petite soeur…?

Premier roman de John Brandon, c’est assez spécial et l’ambiance est vraiment très lourde. On a tous  en tête l’image de la jolie ville de province avec ses jolies maisons où les enfants peuvent jouer sur les pelouses sans danger, où les familles vivent paisiblement. On n’imagine pas autant de drames humains. C’est étonnant comme le glauque attire le glauque, comme les événements peuvent dépasser les gens, comme les réactions peuvent être inattendues…

J’ai bien aimé ce roman, mais je pense que les avis seront partagés car les personnages sont assez peu attachants. Ils réagissent tous comme ils peuvent, mais je ne les ai pas trouvé très brillants.  Les adultes démissionnent totalement de leurs rôles de modèles, d’éducateurs : Le père de Shelby craque complètement, le prof est minable, et l’oncle de Toby totalement nul. Bref une bonne bande de loosers confrontés à un drame . Les ados n’ont plus aucun repère. Shelby change totalement de personnalité, sans doute sa façon à elle de continuer à vivre.

Et finalement c’est le personnage de Toby que j’ai préféré, étonnant quand on sait ce qu’il a fait : détaché, inconscient, dépassé ? Non il s’ennuyait simplement, et avait juste besoin d’exister…, et malgré tout, impossible de le détester.

Catégorie Végétal

Les filles d’Estoril – Margarida Rebelo Pinto

JC Lattes – 320 pages

 

Leonor et Nana sont cousines. Trentenaires et celibataires, elle sont aussi proches qu’elles sont differentes. Filles de soeurs jumelles il semblerait qu’elles aient pris les caracteres de leurs meres respectives.

Leonor vit a cote de chez ses parents, Maria Theresa et Nuno, dans l’annexe du fond du jardin. Elle a un petit garcon d’un premier mariage rate et vit une relation desastreuse avec un homme qui est incapable de s’engager, voyage partout et ne vient la voir que quand ca l’arrange. Amoureuse et terriblement romantique, elle espere qu’il finira par deposer ses valises et qu’ils pourront former une vraie famille.

Nana est a l’oppose : fille de Maria Luisa avec qui elle vit toujours, elle collectionne les aventures, ce qui n’est pas bien vu dans un Portugal plutot puritain. Plusieurs drames ont jalone sa vie dont la mort de son pere et de son fiance dans des circonstances etonnamment similaires. Elle travaille dans la societe de la belle soeur de Leonor, et passer ses week end a faire des fetes endiablees et tres alcoolisees.

Un jour Leonor, voulant retrouver ses vieux albums de Martine au grenier, decouvre cache entre de vieux draps  le journal de sa grand mere, ainsi qu’une photo d’elle. C’est une vielle photo, elle etait jeune …  Etonnant qu’il n’existe pas d’autres photos d’elle… Intriguee, elle commence a poser des questions, mais ces questions derangent..

 

J’ai bien aime ce roman, ces portraits de femmes sur 3 generations, la vie et l’evolution des mentalitees au Portugal. Je connais tres peu ce pays pour n’y etre allee qu’une fois, mais j’avais adore . J’ai pris beaucoup de plaisir a decouvrir les deux cousines, tellement differentes mais aussi liees que si elles etaient elle meme jumelles. Malheureusement j’ai fini par me perdre entre les personnages. Je n’arrivais plus a savoir qui etait qui. J’ai vu que certaines se sont fait un arbre genealogique et c’est ce que j’aurais du faire.

Par contre j’ai ete un peu decue par la fin. J’ai ete tres etonnee de la reaction de filles face au secret. Et puis j’aurais voulu que se soit un peu plus fournis. La j’ai eu l’impression qu’on me balancait le secret et puis zou, le livre est fini. Un peu dommage par rapport au reste qui etait vraiment bien.

Un livre a decouvrir  si vous aimez les portraits de femmes et les secrets de famille.

Categorie Lieu

Categorie Lieu

Rien ne s’oppose a la nuit – Delphine de Vigan

Ce livre m’a ete offert par maman a Noel, elle l’avait bien aime. Des sa sortie il m’avait attire, mais je ne l’ai pas achete car je preferais attendre que le buzz retombe un peu. C’est vrai qu’il a ete enormement chronique et je voulais mettre de la distance. Finalememt , une fois en mains,  je n’ai pas pu attendre pour le commencer.

440 page - JC Lattes

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. 
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. 
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Voila, c’est mon tour de faire un article sur ce livre. Encore un article … Sorti au moment de la rentree litteraire de septembre dernier, il a fait grand bruit et  a ete beaucoup lu et chronique. Je ne pensais pas ecrire sur cette lecture et puis finalement…

Pas evident comme exercice que celui d’ecrire sur sa famille. Surtout lorsqu’il s’agit de trouver l’origine du mal etre de sa mere  et de comprendre ce qui a largement perturbe sa propre enfance , voir sa vie. Pas evident pour moi de parler de ce livre car il m’a beaucoup touche et emu. J’ai pris beaucoup de temps pour le lire, volontairement. Un peu de repit a ete necessaire, car le sujet est lourd. Pour autant je n’ai pas eu l’impression de faire du voyeurisme, sensation que l’on pourrait avoir finalement, car il y a quand meme pas mal de malheurs et de  « cadavres dans le placard » dans cette famille si je peux me permettre de m’exprimer ainsi.

Le livre se decoupe en trois parties, l’enfance, la jeunesse et la maturite de la mere de l’auteur . Celle ci a interroge ses oncles et tantes, travaille sur des cassettes enregistrees par son grand pere, parle avec sa soeur et tente de recomposer le puzzle Lucile, sa maman. Elle s’interroge beaucoup sur la legitimite de ce travail et ce que va en penser sa famille.

C’est le premier livre que je lis de Delphine de Vigan et je pense que, forcement, ce recit va avoir un impact sur mes prochaines lectures. Je viens d’ailleurs d’acheter « Jours sans faim », et j’ai egalement « No et moi » et « Des heures souterraines », que j’ai tres envie de lire car j’ai beaucoup aime son ecriture.

C’est un livre qui m’a marque,et qui restera longtemps dans ma memoire.  La chanson de Bashung a accompagne ma lecture et trotte encore dans ma tete , elle y restera un moment elle aussi…