La désobéissance d’Andreas Kuppler – Michel Goujon

En cet hiver 1936, Andreas Kuppler, journaliste sportif reconnu d’un quotidien allemand, se trouve à Garmisch-Partenkirchen pour couvrir les Jeux Olympiques d’hiver, véritable vitrine du Reich servant à merveille la propagande.  Le nazisme monte et bien qu’il ait du prendre sa carte du parti pour avoir son accréditation, Andreas reste plutôt en retrait. Il passe ses soirées avec d’autres journalistes, américains, certains sont juifs ce qui lui vaut les foudres de la Gestapo.

Sa femme Magdalena au contraire est très attirée par le charisme d’Hitler et suit volontiers les directives nazies. Ne parvenant pas à avoir d’enfant, elle sombre dans une dépression assez sévère. Elle s’implique dans une association venant en aide aux jeunes mères et noue une amitié avec l’une d’entre elle, Katharina, qui après quelques temps l’invite à se joindre à elle pour le week-end dans la propriété d’amis nationaux-socialistes.

Le couple est indéniablement au bord du divorce et s’éloigne de plus en plus, aussi bien physiquement, psychologiquement qu’idéologiquement.

 

Ce roman m’a plutôt interpellé. A travers l’histoire de ce couple plutôt ordinaire, on découvre le mécanisme assez pernicieux de la propagande nazie.

Lui ne s’intéresse pas vraiment à la politique finalement. Il ne comprend pas vraiment pourquoi il ne pourrait plus aller dans un commerce tenu par des juifs, pourquoi le jazz serait interdit ou pourquoi il ne pourrait pas fréquenter des collègues américains. Il n’est pas dupe et ses articles laissent transparaitre son opinion plutôt tiède sur le régime. Évidemment on lui reproche assez rapidement son manque d’enthousiasme et il se retrouve sur les listes des journalistes suspects. Il est fasciné par l’athlète noir Jesse Owens (celui qui gagnera 4 médailles d’or aux JO de Berlin l’été suivant, mettant à mal les théories sur la supériorité aryenne) au point d’écrire un livre sur lui. Cependant il prend soin de cacher le manuscrit minutieusement et il l’emporte avec lui lors de ses déplacements et bien entendu n’en parle à personne, même pas à sa femme.

Le couple qu’il forme avec Magdalena va très mal. Pourtant très amoureux au début de leur mariage, l’absence d’enfant plombe l’équilibre du couple car cela devient une obsession pour elle. Très sensible à la politique d’Hitler sur la fertilité, elle désespère de ne pouvoir donner au Reich les 4 enfants recommandés. Elle devient tellement prête à tout que la Gestapo utilise sa fragilité pour atteindre Andreas.

Ce qui est fascinant, c’est une telle différence d’idéologie dans ce couple et le coté pernicieux de la propagande. Cela donne quelques pistes pour comprendre comment et pourquoi tant de gens ont suivi Hitler et ce qui arrivait à ceux qui ne le faisaient pas.

Challenge histoire

 

Publicités

Une réflexion sur “La désobéissance d’Andreas Kuppler – Michel Goujon

  1. Pingback: Challenge Histoire : le récapitulatif | Falaise Lynnaenne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s