Elle joue – Nahal Tajadod

J’avais beaucoup aimé « Passeport à l’Iranienne  » de cet auteur, et j’étais curieuse de connaître l’échange entre les deux principales protagonistes de cette histoire.

Deux femmes, deux iraniennes, se parlent.  L’une vit en France depuis 30 ans et nous raconte l’Iran de sa jeunesse, du Shah, avant le voile et la censure. L’autre est une jeune comédienne exilée qui nous raconte l’Iran après la révolution, son enfance  sa carrière et ses choix.

Un portrait de l’Iran actuel à travers la vie de ces deux femmes mais aussi de milliers d’iraniennes…

 

Je connais finalement assez peu l’Iran actuel et j’ai donc plutôt apprécié de le découvrir à travers ce livre. Le décalage entre ces deux femmes est intéressant. L’auteur a vécu dans ce pays à l’époque du Shah, une enfance plutôt dorée, sans voile où les filles étaient libres de s’habiller comme elles le voulaient. Elle a fréquenté l’école française et évoluait dans les milieux aisés et érudits de l’époque. Elle a quitté l’Iran à 17 ans pour suivre ses études. Auteur connue et reconnue, elle vit toujours en France, par choix.

Sheyda est née après la révolution islamique. Elle a grandi avec les règles imposées par le régime. Ayant un grand besoin de liberté, c’est en se rasant la tête et se faisant passer pour un garçon qu’elle l’acquiert, pour quelque temps en tout cas. Douée pour la musique, sa mère voit en elle une future grande pianiste, mais elle refuse de partir au Conservatoire de Vienne. Fille d’un célèbre acteur et metteur en scène de théâtre, elle se retrouve un peu par hasard sur un plateau de cinéma et c’est une révélation. Elle enchaîne les films et devient une véritable star dans son pays. Elle sera la première iranienne à tourner à Hollywood depuis la révolution. Malheureusement, en omettant de porter le voile sur le tapis rouge, et en faisant des photos un peu trop dénudée, elle s’attire les foudres du gouvernement qui lui retire son passeport. S’engage alors un véritable parcours du combattant pour tenter de le récupérer.

Pour ce personnage, Nahal Tajadod s’est inspirée de l’actrice Golshifteh Farahani, dont on entend parler en ce moment pour son rôle dans l’adaptation de  Syngué Sabour  d’Atiq Rahimi (Goncourt 2008) et qu’elle connait depuis une dizaine d’année. Comme le dit Golshifteh, “ce livre n’est pas une biographie, mais un roman inspiré par ma vie, celle de Nahal et d’autres iraniennes…”

A travers son parcours, on découvre les difficultés qu’elle a dû traverser pour réaliser son rêve. Son rêve, elle l’a atteint, mais à quel prix ?

J’ai aimé ce livre car j’ai trouvé intéressant le contraste entre les deux femmes et j’ai appris et compris certaines choses. Cependant j’ai eu un peu de mal avec le personnage de Sheyda. Certains de ses côtés m’ont déplu.

Il y a énormément de choses dans ce livre, beaucoup d’anecdotes mais aussi des réflexions plus sérieuses. Il s’agit d’un constat et non d’une critique (enfin à mon avis) Et ce que je retiens par dessus tout c’est que ces deux femmes  aiment profondément leur pays.

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2 réflexions sur “Elle joue – Nahal Tajadod

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